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ALSA Modular Synth (2)

Suite de nos aventures au pays des synthés virtuels... Présentation du synthé AMS.

Alsa Modular Synth

Présentation

Alsa Modular Synth est un synthétiseur analog-like pour Linux. Il ne reprend pas le look d'un synthé vintage. Car là où les autres logiciels recherchent l'apparence d'un synthé analogique, AMS s'attache uniquement à l'esprit, et au son, d'un modulaire. Il ne faut donc pas s'étonner s'il a plus l'apparence d'un logiciel de CAO que d'un synthétiseur classique.

Contrairement à la plupart des synthés virtuels, il n'émule pas non plus un synthé particulier, mais vous permet de créer tous les synthés que vous pouvez imaginer, à la manière d'un très gros système modulaire. Il n'est donc limité que par votre imagination et la puissance de la machine.

En cela il est comparable au logiciel Synthedit évoqué plus haut, plus qu'à un simple synthé VST. En fait, c'est une grosse boîte, remplie de modules et de cordons virtuels, dans laquelle vous n'avez qu'à piocher pour composer la machine de vos rêves. C'est un peu la philosophie de PureData aussi, en beaucoup plus accessible grâce à son interface graphique (mais PureData a aussi des possibilités, que n'a pas AMS).

Dans un espace uni, vous disposez des modules de synthèse sonore :VCO, VCA, VCF... Plus des effets : réverb, phasing, echo, delay... Enfin vous reliez tout ceci par des cordons, comme au bon vieux temps ! C'est le logiciel idéal pour s'initier et comprendre le fonctionnement d'un synthétiseur.

Patch simple
Un patch minimal, avec juste un VCO et sortie sur carte son et oscilloscope

 

Patch plus complexe
Patch un peu plus élaboré, avec 2 VCO, LFO, enveloppe

Les réglages de chaque module sont accessibles par un simple clic droit sur le module :

VCO
Réglages du VCO

Quand votre patch est terminé, vous pouvez créer très facilement une interface de contrôle regroupant les commandes essentielles, sous formes d'onglets et curseurs. Cette interface vous permet également de sauvegarder et rappeler les présets. C'est finalement beaucoup plus pratique et visuel que les petits potars rotatifs de la plupart des synthés virtuels. :

Parameter view
Contrôle des paramètres (Parameter View)

Cerise sur le gâteau  : tous les paramètres d'AMS sont controlables par MIDI. Donc avec une bonne surface de contrôle (Behringer BCR2000 par exemple) vous pouvez piloter votre synthé avec de vrais potars, comme un analogique.

AMS nécessite donc quelques heures d'apprentissage mais il est fourni avec un tutoriel tout à fait bien expliqué et progressif. Au bout d'une heure, vous êtes quasiment capable de reconstruire un Minimoog, qui sonnera comme un vrai, avec la souplesse de l'informatique en plus. Ou un AKS, ou un Odyssey... Ou votre propre synthé.

Par défaut AMS est monophonique. Mais si vous le lancez avec l'option --poly 16 vous disposez de 16 voies de polyphonie. Attention, machine puissante requise dans ce cas !

Le son

Le son d'AMS est évidemment celui que vous ferez avec. Néanmoins les oscillateurs et filtres sont de grande qualité et ça déménage...

Le seul inconvénient d'AMS, est celui de tous les synthétiseurs : on passe finalement bien plus de temps à triturer le son qu'à faire de la musique ! Gardez donc un piano, une guitare ou un kazoo à portée de main on ne sait jamais.

Installation d'AMS

Si vous utilisez une distribution Linux spécialisée pour l'audio comme Agnula ou Planet CCRMA, AMS est préinstallé.

Sinon vous aurez besoin :

  • d'un kernel basse latence optimisé pour l'audio (voir ma page Linux audio) ;
  • du serveur audio Jack et son interface graphique Qjackctl ;
  • du support des plugins LADSPA, et quelques plugins indiqués sur le site d'AMS ;
  • de la bibliothèque fftw ;
  • des sources d'AMS ;
  • un clavier MIDI ou un séquenceur. À défaut le clavier virtuel Vkeybd.

Commencer par installer LADSPA et les plugins requis (make;make install).

Installer ensuite la libfftw. Attention AMS nécessite la version 2.1.5 et non la 3.1.x. On la trouve sous forme de package, mais dans certains packages elle n'a pas été compilée avec les bonnes options pour AMS. Dans ce cas il est nécessaire de l'installer à partir des sources, avec les options qui vont bien : ./configure --enable-shared=yes --enable-float. Joies de Linux :-)

L'installation d'AMS à partir des sources est tout à fait classique : ./configure;make;make install.

Copiez ensuite les dossiers tutorial, demos et instruments des sources dans votre dossier perso ~/ams.

Première utilisation

Le serveur Jack doit être lancé préalablement.

Lancez AMS par la commande : ams --jack &. Au tout premier lancement d'AMS il ne se passe rien, c'est normal, le logiciel crée juste un fichier de config dans votre dossier personnel. Il vous suffit de le relancer pour obtenir l'espace de travail du synthé.

À l'aide de Qjacklctl, connectez le clavier MIDI à AMS, et AMS à la carte son.

Faites-vous plaisir tout de suite ! Ouvrez l'instrument ~/ams/instruments/miniams.ams et jouez ! Pour changer de préset et jouer sur les paramètres, allez dans View -> Parameter View.

Quand vous vous serez bien régalé des sons superbes d'AMS, ouvrez successivement les patches du dossier tutorial et examinez-les, ils sont commentés.

À vous de composer votre instrument... Have fun !

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