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Archives 24 : décembre 2004

Stan Laurel. Je fulmine suffisamment souvent contre la télévision dans ces pages pour ne pas lui rendre hommage quand elle nous offre des moments de vrai bonheur.

De Chaplin, forcément, on connait (presque) par coeur (presque) tous les longs métrages. On a revu les Marx Brothers récemment et toutes les séquences du merveilleux Harpo sont gravées dans nos coeurs sinon dans la mémoire. Et puis Laurel et Hardy ? Oui, ce sont aussi des classiques... Forcément on connait. On en connait quoi au fait ? Le gros, le petit, les grimaces geignardes de Stan, les colères exaspérées de Hardy, la ritournelle leitmotiv du couple. Tout cela pollué par le souvenir aussi des tristes toons Laurel et Hardy de Hanna-Barbera dans les années 70. Et pourquoi pas Charlot en manga ?

Bref, ce soir, Arte nous offrait une soirée Laurel et Hardy. Junior (il m'appelle le vieux, alors je l'appelle Junior pour le faire enrager) et moi étions seuls à la maison, envie de se faire une télé comme il dit, ensemble, et j'étais content de lui faire découvrir ce que je croyais connaître : « Tu verras, ça a vieilli mais bon, c'est des classiques, faut connaître, » j'ai dit. « — C'est comme Chaplin ? — Non, c'est quand même pas du Chaplin, c'est juste des comiques. Enfin ils ont marqué leur temps. ».

Alors, oui, c'est vrai, ça a un peu vieilli. Ça ressemble parfois à des numéros de clowns filmés, avec une trame comme alibi de film. Mais le génie de Stan Laurel illumine l'écran. Ces mimiques, ces expressions (Charlot jouait plutôt sur la neutralité) inouïes. On pense à Buster Keaton. On pense à Harpo, quand Stan joue de la harpe avec son sommier. On pense au regretté Robert Dhéry aussi, cet autre Pierrot Lunaire, sans doute le fils spirituel de Laurel. Mais Stan Laurel est tous ceux-là à la fois, et il est unique (j'allais écrire il est vareuse ! mais bon...) Ollie n'est que son faire valoir, même s'il l'écrase en permanence dans le film, le génie, c'est Stan. Inversion du clown blanc et de l'auguste.

Après le long métrage Laurel et Hardy conscrits, Arte nous gratifiait d'un court Laurel et Hardy, bonnes d'enfants d'une incroyable modernité. Les Trois hommes et un couffin peuvent aller se rhabiller ! Tout était dit dans ce chef d'oeuvre de nonsense. Laurel dormant dans les bras de Hardy, tétant le biberon à la place du bébé... Et le surréaliste :« — Mais, Stan, pourquoi craques-tu cette allumette ? — Pour être sûr que la lumière est bien éteinte. »

Même Junior en était baba. Total respect, Monsieur Laurel ! (2004-12-20)

Stan_Ollie

Grosse flemme. C'était lundi dernier. Il faut vous dire, que le lundi 18 heures, en principe, je conduis Poune à la danse, et moi je vais à la piscine. Après la piscine je la récupère et voilà. Mais lundi, elle n'avait pas danse : la prof faisait son S.A.D. elle aussi, elle était restée à la maison garder ses propres enfants. Donc, j'allais seul à la piscine.

On habite la commune d'à côté, donc quelques kilomètres de zone commerciales à traverser, route très laide entre Tonnay-Charente et Rochefort, qui me décourage bien souvent d'aller à la ville.

Seul en voiture je pensais à Glenn Gould, et une chose que nous avons en commun : comme lui, j'aime rouler seul en voiture, sans but précis, chauffage et musique à fond. C'est donc comme ça que j'arrivais à l'entrée de la ville. Premières guirlandes, la tour de séchage des pompiers transformée en sapin de Noël. Puis le port de commerce, et arrêt à un feu rouge.

Et c'est là que j'ai pris mon héroïque décision : je n'avais aucune envie de me foutre à poil, de marcher pieds nus sur les dalles glissantes, d'entrer dans de l'eau froide, et d'aligner des longueurs dans de l'eau chlorée. Envie de dormir, d'être au chaud... J'ai donc fait demi-tour, re-les zones commerciales, et retour à la maison à la surprise générale. Sarcasmes de Madame sur mon peu de suite dans les idées, de Mademoiselle sur ma ligne qui ne s'arrangerait pas de cette façon, et de Junior sur mon manque de civisme : deux litres de carburant et autant de CO2 dans l'atmosphère pour rien.

N'empêche, je me suis allongé sur le canapé, sous une bonne couverture, à côté du Pleyel chéri, et je me suis endormi du sommeil du juste. Au chaud. Le lendemain une collègue qui va aussi à la piscine le lundi, m'a assuré qu'elle était spécialement froide ce soir-là... (2004-12-20)

Canapé

 

Boycott. Je ne sais pas si vous êtes comme-moi, mais je bloque systématiquement dans mon navigateur (l'excellent Firefox) les pop-ups, ces fenêtres de pub indésirables qui sinon nous pourrissent la navigation sur la toile.

Pourtant, j'ai fait une exception exceptionnelle aujourd'hui, sur le site des pianos Pleyel. Parce que vous n'êtes pas sans avoir remarqué que je suis en pleine crise de radotage intense et en voie d'Alzheimer précoce avec les pianos Pleyel. Mais ça date pas d'aujourd'hui, je fonctionne comme ça par passions obsessionnelles et exclusives, rassurez-vous ça ne dure jamais très longtemps après je zappe. En ce moment c'est le piano, spécialement le Pleyel.

Donc, disé-je, pas plus tard que tout à l'heure, alors que je cherchais l'année de fabrication du Pleyel des voisins (pour vous dire si j'ai des occupations essentielles à la bonne marche du monde), mon cher Firefox m'indique qu'il m'a bloqué un pop-up. Diable... Pourquoi Pleyel m'envoie-t-il un pop-up ? Peut-être parce que j'ai gagné un piano ? Je débloque donc la fameuse fenêtre et je découvre :

Pleyel starac

J'ai beau être un fan inconditionnel de la marque, j'avoue que mes cheveux se sont dressés sur ma tête. Pleyel ! Le piano de Chopin, de Stravinsky, de Ravel, de Samson François, de ma belle-mère... Et ils n'ont trouvé que la Starac' pour faire leur pub ! Faut-il que ça aille mal, l'industrie du piano en France.

Alors, j'ai décidé, je boycotte désormais Pleyel : je n'achèterai plus un seul piano de cette marque, tant qu'ils ne retireront pas ce pop-up de leur site ! J'en sais une qui va être contente, quand je lui apprendrai la bonne nouvelle !

P.S. : le Pleyel des voisins est sorti en 1923 ou 1924. Cette info valait bien un pop-up.

P.S. n°2 : au chapitre des boycotts, je boycotte aussi, à regret, l'humoriste Guy Carlier qui a fait son nid à la radio en fustigeant la télé-poubelle, et fait maintenant la pute chez Arthur.

P.S. n°3 : je boycotte aussi Sarkozy, pour passer chez Drucker avec Cécilia. Je boycotte Drucker, pour passer Sarkozy et Cécilia. Je boycotte le compositeur Albeniz, pour être l'ancêtre de Cécilia Sarkozy et se faire récupérer chez Drucker par un faux orchestre de chambre composé uniquement de poupées Barbies dirigées par un bellâtre hystérique. Je boycotte le trompettiste Bernard Soustrot pour faire la pute chez Drucker avec les Sarkozy, les Barbies et le bellâtre. Je boycotte Cécilia Sarkozy pour simuler l'orgasme en écoutant Bernard Soustrot jouer à la trompette une pièce d'Albeniz écrite pour le piano. Je boycotte la trompette, les putes, les cons, les faiseurs, les caniches !

P.S. n°4 : Ah, qu'est-ce que ça fait du bien, de boycotter tout ce monde-là. Après on se sent léger, léger...(2004-12-10)

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