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Beaufitude nationale

08-10-2007

Je n’ai rien contre le sport, ni les sportifs.

Je comprends assez bien qu’un sportif qui se dépasse et gagne, soit heureux et même fier, ainsi que son entourage.

Quand ça prend des proportions comme en ce moment, foot ou rugby ça m’énerve. Ce qui est sympa dans le cadre d’un club, village, au niveau d’un pays entier ça ressemble pas mal à de la beaufitude nationale.

En quoi la France (Brésil, Burkina-Faso, Nouvelle-Zélande) serait-elle un plus grand, ou plus petit pays, parce que 15 gugusses ont été un peu plus adroits et rapides que les quinze d’en face, pour poser un ballon derrière deux piquets ? Ça me dépasse complètement.

Si c’est le sentiment national, alors très bien, concert de klaxons aussi pour l’escrime, la monopalme, le curling et le billard. Y’a pas de raison.

Ou alors, c’est simplement, comme l’a dit je ne sais plus qui, mais j’imagine assez bien San Antonio, parce qu’« au-delà de quatre, on est une bande de cons. » Ça fait une belle bande de cons, dans ce cas. Les mêmes, qui n’auraient pas manqué de dégoiser sur les athlètes, s’ils avaient été seulement un tout petit peu moins rapides, ou chanceux, que ceux d’en face, qui pourtant étaient affreux, bêtes et méchants. Des vrais sauvages.

Non, en fait, ça ne me dérange pas tant que ça, la coupe du monde, je m’en fiche complètement. Il me suffit juste, dans la voiture, d’appuyer sur un bouton sur le volant pour passer du rugby de la radio, à Stacey Kent ou Ella Fitzgerald.

Et puis, si le rugby est un sport populaire (je parle bien de sport, pas de supporting) c’est tant mieux. Parce que le plus bel exploit de cette coupe du monde, il n’est pas passé à la télé, ni dans les journaux, ni à la radio. C’est l’essai du petit Nathan, sur le Désordre de l’ami Phil. Cet essai-là, oui il me remplit de joie, de fierté même si je ne connais pas le gosse. Je crois que j’aurais aussi gueulé tout ça, sur le bord du stade.

Alors oui, bravo Nathan, le champion du monde c’est toi. Vive le rugby, et mort aux cons (vaste programme, comme disait l’autre... pas San-A cette fois, De Gaulle, c’est dire si j’ai des lettres : au moins trois.)

P.-S.

Merci à JF-P de me rappeler que ce n’est pas San-Antonio, mais bien Brassens, qui a écrit dans le pluriel :


Le pluriel ne vaut rien à l’homme et sitôt qu’on
Est plus de quatre on est une bande de cons.
Bande à part, sacrebleu ! c’est ma règle et j’y tiens.
Dans les noms des partants on n’ verra pas le mien.
</quote