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Rêve de Bretagne

Crise de celtitude

01-03-2008

On a longtemps rêvé de la Bretagne, surtout pendant nos années Aveyronnaises.

Pourquoi la Bretagne, va savoir, parce que là-bas plus de légendes et de mythes sans doute, et l’idée de la mer, dont plus encore que la mer on ne peut se passer.

Donc on est partis vivre en Bretagne, 12 ans. C’était bien, sauf que la Bretagne, la vraie, n’a plus grand chose de commun avec celle d’Anatole Le Braz, et sa Légende de la Mort. Les Korriganned honnêtement je n’en ai jamais vu, pas plus que je n’ai vu même de loin le phare d’Ar Men, ni la baie de Trépassés.

J’ai appris quelques mots de Breton, une belle vieille langue, précieuse comme coiffe de dentelle, et rugueuse comme le granit. Et puis le prosélytisme un peu excessif de certains de ses adeptes et défenseurs m’en a éloigné.

J’ai vu par contre les boulettes et la merde gluante de l’Érika, les ai ramassées dans le froid, mon bonnet coustaldien rouge en garde une tache indélébile. J’ai nagé seul dans le golfe autour des îles Logodenn, traversé le lac de Guerlédan à la palme, sous la flotte (Barnabé, mon pote, hein c’était bien...)

C’est peut-être dans ces situations que j’ai le plus approché la Bretagne, du moins ma Bretagne intérieure. Sinon, non, là-bas je ne me suis jamais senti vraiment Breton.

Et puis voilà, je ne l’ai pas vue depuis maintenant quatre ans cette Bretagne. Et puis je ne sais plus trop comment ça s’est fait, mais en quinze jours, j’ai écrit quelques lignes en breton à une copine bilingue, dévoré le sublime Armen de Jean-Pierre Abraham, et retour aux classiques : l’Olympia 76 de Stivell, et plus modernes musiciens bretons comme les excellents Skeduz ou Anne Postic, dont la harpe a les parfums d’ajoncs et d’air salé.

Curieusement alors que je me remets un peu à la photo, je ne trouve qu’une seule photo de la Bretagne, dans mes archives. Elle date de 91, un an avant qu’on aille y habiter.

Maintenant oui, j’ai retrouvé mes racines Bretonnes, et me sens un peu Breton. Il y avait juste un truc qui m’avait échappé : c’est que les Bretons les plus authentiques, sont peut-être ceux de la diaspora. Ceux qui ont leur pays, et leur celtitude dans la tête.

Kenavo a wech’ all !