Café du Commerce
Accueil > Blog > Inclassables ailleurs > Tout le monde sur le pont

Tout le monde sur le pont

09-03-2008

J’en ai déjà parlé et lui ai consacré une page et quelques photos : on habite juste à côté du pont de Tonnay-Charente un des plus anciens ponts suspendus d’Europe, monument historique, et incontestablement le plus beau pont du monde, sans chauvinisme aucun.

Depuis trois ans ce pont est fermé, et sauf quelques gamins qui escaladaient les barrières plutôt hautes avec leur vélo pour traverser la Charente entre Tonnay et Saint-Hippolyte en face, les choucas en avaient l’usage exclusif.

Mais depuis quelques mois il a retrouvé vie, les ouvriers (des spécialistes venus du Loiret) s’affairent dessus, dessous, on entend meuleuses, perceuses, soudure à l’arc, tout ça dans un un ballet de nacelles, bras élévateurs et échafaudages qui me ravit, car tel Gaston Lagaffe, j’aime le travail ; et surtout, regarder les autres travailler.

C’est pourtant pas simple : car le pont, est, justement, suspendu, et pourri. La suspension est pourrie de chez pourri, comme d’ailleurs le tablier, et la maçonnerie elle-même, ne se sent pas très bien. On a donc (enfin, pas moi personnellement, mais j’encourage mentalement, et paye des impôts) refait un plancher sur le tablier, pour pouvoir au moins marcher sur le pont sans passer au travers et faire un plongeon de 25m dans la Charente.

Maintenant, il faut changer la suspension. Comment ? C’est ce que j’ai demandé au chef de chantier, qui ayant travaillé depuis 35 ans sur les ponts de Tancarville, Saint-Nazaire, et le pont d’Aquitaine à Bordeaux, n’est pas trop impressionné par la taille de notre monument à nous.

Ben c’est tout bête en fait : sur les deux portiques qui tiennent la suspension, on va placer une énorme poutrelle métallique, actuellement stationnée devant la maison, sur laquelle on va tendre des haubans pour tenir le pont, qui sera donc transformé en pont à haubans.

Le pont étant haubanné, on enlève les câble de suspension et le pont reste accroché à ses petits haubans. Puis on remet une suspension toute neuve, et on en enlève haubans et les poutrelles. Un p’tit coup de peinture, une belle inauguration ave M. le maire et le sous-préfet, et voilà on retrouvera notre pont et le marais en face. (

Finalement, c’est tout simple, il suffisait d’y penser...

Ensuite on se posera la question de la maçonnerie plus que centenaire, qui souffre du lierre et de l’instabilité des vases sur lesquelles le pont est construit. Mais ça, c’est une autre histoire.