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Le caméscope et le Foca

mercredi 9 avril 2008, par JB


Épisode 1 : on a au boulot, un caméscope numérique, qui a deux ans, peut-être trois, et qui durant cette période a dû tourner au plus une dizaine d’heures. Autant dire, neuf, et pas usé. Et voilà que le caméscope est en panne.

Je suis donc allé chez Connexion (parce qu’ils en ont), demander un devis de réparation... ou de non-réparation. Le vendeur très aimable m’a signalé qu’un devis, c’était de toutes façons 75€, couvrant les frais d’expédition et d’ouverture du truc. Montant déduit d’une éventuelle réparation, mais à payer d’avance pour le cas où.

Ensuite, au descriptif de la panne, il m’a dit que c’était assez courant sur ces machins, que c’était sans doute un problème de carte mère ou truc comme ça, que la réparation ça pouvait facilement chercher dans les 300€ quand pour 200 on a un bidule neuf, bien plus moderne et performant.

Bon... J’ai remis le machin dans son sac, le sac sur l’étagère du bureau et on achètera un neuf avec l’argent du contribuable quand il y aura des crédits, parce que si ça ne sert pas souvent, on en a parfois malgré tout l’utilité et même le besoin.

Épisode 2 : dans un grand renouveau de passion pour la photographie, à l’occasion des vacances, j’ai descendu du grenier quelques vieux appareils, dont le Foca de mon beau-père.

Sans doute ne connaissez-vous pas le Foca ? Il s’agit d’appareils photo de grande qualité, produits en France dans les années 50 à 60 par la maison OPL (Optique de Précision Levallois). Un genre de Leica français quoi.

Donc, recherches net sur le Foca, qui a ses fans, ses experts, et son forum. J’apprends que mon Foca est une pièce assez rare, ce qui me remplit d’aise. Sauf qu’il ne marche pas : le pauvre a 50 ans, fait des centaines de rouleaux de diapos (splendides, un piqué excellent), mais surtout est resté inutilisé depuis 30 ans ce que n’aiment pas les appareils entièrement mécaniques (les graisses sèchent). Les rideaux caoutchoutés de l’obturateur sont fendillés, l’obturateur lui-même paresseux, et l’ensemble viseur-télémètre encrassé.

À tout hasard, je me rencarde sur le forum, d’un réparateur de Foca ; je trouve un spécialiste à Bordeaux, demande une estimation pour remettre en état l’appareil. Réponse une heure après : dans les 150€, plus 12€ pour le port. C’est pas trop dans mon budget présent, mais très raisonnable si on compare à ce que coûte la réparation d’une auto au moindre pépin, ou la réinstallation par un professionnel d’un système Windows infecté de virus. Car il s’agit bien de la remise à neuf, d’un appareil sorti d’usine en 1959, qui a fait la guerre d’Algérie, des milliers de déclenchements au compteur, et qui repart donc pour 50 ans (2058, j’aurai 95 ans si les petits cochons ne me mangent pas d’ici-là).

Épisode 3 : je n’ai pas pu m’empêcher de faire la relation entre l’épisode 2, et l’épisode 1.

Je suis sans doute un affreux réac, hostile au progrès, mais merde autrefois on savait faire des objets conçus pour durer, réparables, et aujourd’hui on ne sait plus. Ou plutôt, on ne veut plus. Le caméscope tout neuf va donc rejoindre à la déchetterie les 2 que j’y ai déjà portés, ainsi que les 3 ou 4 magnétoscopes (le dernier en date hier, mais il avait fait son temps, et aussi des heures de vol).

Quant au Foca, pour le moment, pas possible, mais j’espère bien pouvoir lui offrir un jour le petit stage de remise en forme qu’il mérite, et pourquoi pas le remettre en service.

En attendant, pas vrai qu’il est beau ?

P.-S.

Épilogue : finalement j’ai fait réviser le Foca beau-paternel par Marc Nicolas. Il fonctionne comme une horloge...

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