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Tout le monde sur le pont, 2

31-05-2008

(suite de cet article)

Pour ceux et ils sont nombreux, qui s’inquiètent de la suite des travaux du pont de Tonnay, la voici...

Donc, toute la suspension du pont a été déposée, remplacée par un haubannage provisoire. Notre pont n’est donc plus un pont suspendu mais un pont à haubans et le paysage familier s’en trouve tout changé : ça fait comme un vide en fait.

Pour tout vous dire, on a un peu questionné les ouvriers ; même si (ou parce que) ce sont des gens compétents et sérieux, ils n’en menaient pas large pendant cette opération, qui était une première pour eux. Pendant la dépose, à chaque morceau de suspension qu’ils retiraient, ils arrêtaient la circulation sous le pont, et même à plusieurs reprises les voisins qui habitent juste sous le tablier ont été priés d’aller voir ailleurs ce qui s’y passe : on ne sait jamais. Les ingénieurs se sont bien entendu déplacés à l’occasion, et j’imagine ce qui a pu trotter dans leur tête sur les possibles erreurs de calcul : il y a tout de même une portée de 90 mètres, qui représente pas mal de tonnes de ferraille et de bois, d’autant qu’ils ont alourdi le tablier avec des renforts en acier (pour la rigidité et les accroches de haubans) et les nacelles de visite. Ça n’aurait pas été bon pour l’image de l’entreprise, si le pont était tombé à la patouille ou sur les riverains.

Mais non, apparemment ils n’ont pas fait d’erreurs, le tablier tient toujours, et les voisins ont pu rentrer chez eux... Encore une petite année pour refaire une belle suspension comme la précédente (dont les câbles de 6cm de diamètre n’en faisaient plus qu’un, de centimètre, par endroits...) et on pourra enfin emmener le chien pisser sur la commune d’en face.

La question que je me pose en revanche, et à laquelle je n’ai pas de réponse, c’est qu’aux alentours des années 1930, les structures métalliques du pont, celles qui soutiennent la suspension, ont déjà été changées, car pas assez solides (voir sur les cartes postales d’époque). Donc, pas question dans ce cas de haubanner le pont puisque les supports même, étaient démontés. En plus ils ne disposaient pas de nos moyens de levage modernes. Alors ? Mystère et boule de gomme.

Mon regret dans tout ça, c’est de ne pas avoir dès le début, suivi le chantier en photos. C’est pas tous les jours qu’on refait un pont plus que centenaire devant la maison, et il y a quelques chances pour que je ne voie pas le prochain changement de suspension.

Enfin, en voici une quand même, de photo du chantier... En principe je préfère mes appareils argentiques, pour leur ergonomie et le plaisir qu’ils procurent, de la découverte de tout le film après développement. Mais il faut le reconnaître, le numérique en plastique est pratique pour ça : tu sors sur le trottoir, tu fais la photo (s’il reste du jus dans les batteries), cinq minutes après c’est en ligne. Allez, le progrès n’a pas que du mauvais.

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