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Grand Format

29-11-2008

Nouvelles du Speed Graphic


Personne ne m’en demande, mais je vais vous en donner quand même, des nouvelles de mon Speed Graphic. Ça nous changera des Darcosseries. Parce que parfois il faut bien que ça sorte la colère, sur le coup ça soulage, mais c’est comme de vomir ou aller aux toilettes, on éprouve ensuite le besoin de rincer un peu tout ça, avec un bon coup d’eau fraîche.

Mon eau fraîche à moi en ce moment c’est le Speed Graphic.

Je n’ai pas fait beaucoup de photos avec encore, et j’ai dû déjà les publier ici ou dans la galerie : la maison du passeur en face, une église en ruine, la lampe du piano, une branche de figuier et un cargo Ukrainien sur le quai.

Faut dire que c’est pas si facile la photo à la chambre grand format, surtout quand on est comme moi du genre tête en l’air. Il y a un temps d’adaptation, surtout parce que cet appareil utilise des plan-films de la taille d’une carte postale, placés par deux dans des châssis, ce qui nécessite un peu de rigueur... Il faudrait donc évoquer :
- les plan-films mal engagés dans les châssis, qui se foutent de travers au moment de remettre le volet après la prise de vue et se retrouvent fichus ;
- les films exposés deux fois parce qu’on n’a pas fait gaffe en remettant ledit volet, qu’il a un côté noir, et un côté blanc, justement pour différencier les plan-films exposés des vierges ;
- les films pas exposés, parce qu’on s’est rendu compte qu’on avait remis le foutu volet à l’envers, et comme il y a deux films, un de chaque côté du châssis, on ne sait plus lequel est exposé et lequel est vierge, donc par précaution on prend un autre châssis ;
- les films voilés parce qu’on a retiré le volet d’un châssis qu’on croyait vide, qui n’était pas vide ;
- les photos faites sans film, parce qu’on croyait qu’il y en avait un dans le châssis, et qu’il n’y en avait pas ;
- le joli paysage pris au grand-angle, avec en premier plan l’abattant de l’appareil lui-même, parce qu’on ne savait pas qu’il y avait une position spéciale pour la prise de vue au grand-angle, de l’abattant de la chambre ;
- le négatif entièrement transparent parce qu’en photo de nuit, on a lu 1/8ième de seconde sur la cellule, au lieu de 8 secondes ;
- les douze plan-films (parce que j’attends d’en avoir douze pour les développer ensemble, pour ne pas gaspiller le révélateur) développés nickel, moins une belle bande transparente d’un centimètre et demi dans le haut, parce qu’ayant rempli la cuve de mémoire, et qu’il fallait 1,6 litre de révélateur, et non pas 1,5 litre.

Tout ça explique que ma production, en deux mois, n’est pas énorme : cinq ou six vues. Mais le métier rentre, aussi la méthode, et une erreur étant faite, on peut raisonnablement penser qu’on ne la fera plus la prochaine fois.

Mais en fait, ça n’a que peu d’importance. Car le plaisir du Speed Graphic, n’est pas tant dans le résultat, la production d’une image, que dans la façon de la faire : un peu comme de cuisiner au feu de bois, vs le four à gaz, ou le micro-ondes. En son temps c’était l’appareil le plus rapide de sa catégorie, d’où son nom, et il reste la seule chambre grand format utilisable à main levée comme un (gros) Leica. Mais j’aime bien aussi l’utiliser sur pied, à l’ancienne, et la procédure devient alors :
- penser toute la semaine, à la ou les photos qu’on ira faire le samedi matin ;
- préparer les châssis sans se tromper, dans l’obscurité complète ;
- jouer avec l’appareil, écouter le bruit des vitesses de l’obturateur, le « clic » des vitesses rapides, et le « czzz » des vitesses lentes, ou encore le « sclack-plotch » de l’obturateur focal (le Speed Graphic, étant le seul appareil de grand format au monde, à disposer aussi d’un obturateur focal : ça vous fait une belle jambe) ;
- le vendredi, s’endormir en se disant « demain je fais péter le Speed Graphic » ;
- le samedi, dire à la famille « je vais faire péter le Speed Graphic » ;
- préparer le trépied ;
- dire au chien : tu veux aller promener, avec le Speed Graphic ? (généralement il gicle du coucouche-panier dès qu’il aperçoit le trépied) ;
- mettre les bottes, et le vieil anorak bleu ;
- partir dans le marais ;
- passer les fossés, les clôtures, avec le sac sur le dos, le trépied à l’épaule ;
- choisir le bon endroit pour planter le trépied ;
- régler les jambes du trépied (souvenirs d’une vie antérieure, de géomètre), puis la colonne ;
- déplier l’appareil, déverrouiller le soufflet, le faire glisser sur ses rails jusqu’aux butées ;
- mettre le pare-soleil sur l’objectif ;
- armer l’obturateur et l’ouvrir ;
- ouvrir le diaphragme ;
- ouvrir le pare-soleil arrière pour accéder au dépoli ;
- faire le cadre d’abord dans le viseur, puis sur le dépoli (à l’envers, en utilisant le vieil anorak comme voile de visée, et en mettant les lunettes de vieux), la mise au point , ça ne va pas, recommencer, pendant une bonne demi-heure, jusqu’à ce que l’image à l’envers sur le dépoli, évoque quelque chose pouvant passer pour une photographie ;
- mettre un châssis, (avec un film vierge à l’intérieur) ;
- fermer l’obturateur ;
- visser le déclencheur souple ;
- attendre que le nuage passe, quand on veut des ombres, ou arrive, quand on n’en veut pas (généralement c’est toujours l’inverse de ce qu’on voudrait, qui se produit), pendant vingt bonnes minutes ;
- quand la lumière est là, vite, mesurer avec la cellule à main, régler vitesse et diaphragme ;
- retirer le volet ;
- et là, simplement, appuyer sur le déclencheur. Ça fait clic ou czzz et c’est fini.

On remet le volet, on enlève le châssis, on replie le bazar et on va éventuellement plus loin pour faire la deuxième photo. Jamais plus de deux, parce que le plaisir du grand format, ça se déguste, c’est comme un vieux Cognac ou un chocolat de chocolatier, pas question de se goinfrer. [1]

Cette semaine je n’ai pas pu attendre le samedi. C’était mercredi après-midi, j’étais dans le marais, avec le chien, les bottes, les pieds dans l’eau derrière mon trépied. J’étais en train de guetter une éclaircie pour photographier deux beaux frênes, qui avaient aux aussi les pied dans l’eau. Pas très loin, cinquante mètres environ, un pêcheur dans sa barque sur la Charente, au milieu des roseaux. Je ne les connais pas tous les pêcheurs du coin et il faisait plutôt froid je n’ai vu qu’une casquette à oreilles, on était chacun dans notre coin, lui avec son carrelet, moi mon appareil photo.

Le soir, l’ami Arcadias est venu à la maison, chercher un agrandissement d’une photo de son bateau que je lui avais promis. Il a vu le Speed sur la table et m’a demandé : « c’était vous cet après-midi dans le marais avec un trépied ? Je reconnais l’appareil photo. Moi j’étais à côté dans la barque. » On s’est amusé de la coïncidence (pas extraordinaire pourtant, entre voisins fréquentant les mêmes rives du fleuve) et j’ai dû lui demander s’il avait pris du poisson.

Il m’a regardé avec ses yeux très bleus, et répondu avec un frémissement de moustache : « un meuil (un mulet, comme on dit ici). Mais ce qui compte, c’est d’être dehors, et sur l’eau. Le poisson c’est juste le prétexte. »

Et il ne m’a pas demandé si ma photo des frênes était réussie : je n’en sais encore rien, et franchement ça n’est pas non plus l’essentiel.

 

Image alternative, laisser la souris sur la photo pour la faire apparaître

Notes

[1J’aime bien l’anecdote racontée par David Burnett à propos de Frank Cancellare, fameux photographe d’agence américain. Bien que son agence ait remplacé les Speed Graphic par des Nikon plus petits et souples d’emploi, il avait conservé les habitudes de vingt ans de photos à la chambre de presse. Descendant un jour d’un avion présidentiel, il sort le rouleau de 20 poses de son Nikon, avise le coursier de son agence dans la foule, et lui lance la pellicule en disant « tire les deux, mon gars ».

Messages

  • Nous avons lu avec délectation, moi et ma compagne, ce texte fort juste sur l’utilisation d’une chambre de presse. Et on s’est bien marré. Comme dirait l’autre, "la route est longue vers le négatif parfait au speed, petit scarabée !"

    Mais, faut pas trop se plaindre non plus, hein, quand on a un Pacemaker, alors que quand on utilise un Anniversary, c’est encore plus lourd, because rails et chariot de mise au point en laiton chromé, pas de butée amovibles, pas de bascule arrière, tout ça tout ça.

    Pour l’utilisation au pied, j’ai souvenir d’une prise de vue gentiment installé sur un petit pont de pierre, au bord d’une départementale dans la Loire, à Changy direction Ambierle, l’appareil orienté vers le petit ruisseau en dessous.

    Ma deuxième série de prise de vue, avec mon premier Speed, qui n’en était pas un, d’ailleurs, c’était un Crown. Le chant des oiseaux, le glougloutement paisible de la pisserotte, c’était le pied, justement.

    Puis, j’entendis dans le lointain le son parfaitement reconnaissable d’un moteur Diesel suralimenté, au moins 2,5l de cylindrée, (je suis aussi un mélomane des moteurs, je les reconnais à l’oreille...) ainsi que le bruit excessif de gros pneus bien larges d’un inutile 4X4 arrivant à fond de train sur la départementale au lieu de servir à sa vocation première, à savoir de crapahuter dans le désert vers Al Dakhla, ou de débarder dans les Vosges.

    Le 4X4 m’ayant dépassé à environ 120 km/h, j’ai vu immédiatement les feux stop s’allumer, les pneus crisser dans une volute de fumée bleue, et le véhicule faire de violentes embardées de gauche à droite, à la limite du retournement et du tonneau.

    Sans doute la présence d’un tripode camouflé, de ma Twingo couleur gendarmerie garée dans un chemin, avait fait penser au conducteur à un radar mobile.

    Il a fallu un petit quart d’heure avant que le chant des oiseaux ne revienne, et que l’odeur de mazout allié au subtil parfum du caoutchouc de synthèse brulé ne se dissipe.

    Moralité : Vive les marécages, où paisiblement glissent les barques !

  • à Strasbourg l’autre jour il y a un gars qui m’a photographié (pour la librairie Kleber) avec un appareil du même genre, mais lui il laissait l’image se faire sur le dépoli, et il avait installé une sorte de cache en carton à l’arrière et il photographiait le dépoli au numérique, ça rendait vraiment pas mal - et là évidemment je ne retrouve plus le bout de papier où j’avais noté son site...

    • Ça revient un peu à mettre une turbine au cul d’un quillard, mais si ça l’amuse... c’est le résultat qui compte.

    • ça y est, je l’ai retrouvé :
      http://www.pascalbastien.com/portrait.php

      ça donnait vraiment un drôle d’effet, ça accentuait les flous (en plus je crois qu’avec son numérique il mettait un coup de flash quand il photographiait l’image dépolie - l’appareil c’était un gros machin anglais au nom en 3 lettres

    • Ah oui j’ai trouvé les photos elles sont bien et c’est un bon portraitiste.

      C’est marrant comme effet, effectivement très peu de profondeur de champ et beaucoup de vignettage, ça correspond à ce qu’on voit plus ou moins sur un dépoli, mais alors il faudrait aussi mettre les photos à l’envers !

      C’est un moyen astucieux de concilier le travail en GF avec la souplesse et l’immédiateté du numérique dont ont besoin les pros.

      Chambre anglaise en trois lettres, pourrait bien être une Burke and James ou plutôt MPP (j’ai failli en acheter une, mais Maël m’a orienté plutôt sur le SG).

    • MPP oui c’est ça - du coup j’ai vu ma tronche ça fait vraiment des déformations bizarres mais au moins ça sort du photomaton...

  • Échange 1 mois de M6 contre 1 semaine de chambre, rien que pour rajeunir de 40 ans !

    Voir en ligne : http://lapossonniere.canalblog.com

  • Mais si j’en attendais des nouvelles, mais je ne voulais pas déranger le maitre et le laisser comme tu le dis si bien, "jouer" avec. Je te comprends car je tiens comme à la prunelle de mes yeux à la petite chambre 9x12 avec son Tessar de 13,5cm de focale héritée de mon père (celle qui trône en majesté sur le portail de ma modeste page perso)... A propos, une fois tes plans film développés, je suppose que tu les scanne ? Superbe la photo du cargo Ukrainien la nuit !
    JFP

    • Peux-tu rappeler l’adresse de ta page dans ton message ? Je l’ai encore perdue...

    • Oui elle est bien jolie cette chambre... Tu as essayé de l’utiliser ?

    • Oui bien sûr je l’ai essayée et j’ai découvert comme toi la réalisation artisanale d’une photo avec tous les problèmes attenants. Comme c’était il y a "plusieurs" années j’ai tout fait moi-même y compris les tirages papier par contact. Je suis pleinement d’accord avec toi, quand on a fait ça une fois dans sa vie on sait ce que photographier veut dire. Ca me donne l’idée de fouiller dans mes archives pour retrouver des traces et les montrer sur ma petite page...
      JFP

  • En parlant de scan, c’est quoi celui que tu utilises ?

    • C’est la question qu’il ne faut pas poser... J’ai acheté un mois avant le Speed, un Epson V500 neuf, qui ne passe pas le 4x5... Donc je scanne en deux moitiés que je raboute dans GIMP quand c’est pour le site, sinon c’est Gilles qui me prête aimablement son 4990. Là où j’ai un peu mal, c’est qu’au prix du V500 neuf, je pouvais trouver un 4990 d’occasion. Ça va bien que je n’ai pas de moteur sur le Speed. Quand je serai vieux (j’en prenbs le chemin) et riche (je n’en prends pas le chemin), j’aurai un Durst 138 et un V750. Na.

    • C’est beau ces textes de science fiction :

      "Je raboute dans GIMP / Je pouvais trouver un 4990 d’occasion / J’aurai un Durst 138 et un V750 / etc."

      Ce qui compte au final ce sont ces photos qu’on a dans sa maison, et qu’on dirait qu’elles ont toujours été là.

    • Impressionnant le Speed Graphic, montré ici en majesté !

      Le chien n’est pas jaloux ? (même si c’est l’occasion de promenades) ;-)

  • Le grand écart entre ce retour aux sources et ce côté voleur à la sauvette d’un autre artiste... A voir là : http://www.blog.francis-leguen.com/le-photophone-c905-sony-ericsson
    Les univers parallèles en somme...

    Voir en ligne : http://www.blog.francis-leguen.com/...

    • Ça me fait bien plaisir de te voir traîner tes palmes ici vieux frère de nage... J’ai beaucoup de respect pour F. Le Guen, plonger sous la terre comme il le fait ou l’a fait ça m’a tellement fait rêver et c’est tellement aux frontières de la vie... Mais le bidule en question me donnerait plutôt envie d’abandonner encore une fois la photo pour me consacrer exclusivement à la culture de topinambours bio. Je hais les téléphones, même déguisés en appareils photo.

    • Ahahah !!! Je savais que cette allusion au photophone te donnerai des boutons...
      C’est en suivant attentivement et parallèlement les deux univers bloguistiques que j’ai trouvé ce grand écart fabuleux...
      "Les scaphandriers du désert" a été un moment mon livre de chevet, pour comprendre pourquoi depuis une timide incursion sous terre, le virus m’avait envahi. Je reconnaît le bonhomme très attachant et passionné donc captivant, tout comme l’est la personne qui un jour m’a défié de traverser Guerlédan à la nage... dans sa longueur !
      Je n’ai pu résister à la tentation d’un cross-postage, histoire que les deux univers se télescopent. Ainsi, le descendant de la "petite fabrique d’html" a-t-elle eu son effet chez le voisin d’en face.
      Promis je me ferait moins silencieux à l’avenir, ne serait-ce que pour te demander des conseils à propos de mon blog en construction...
      A bientôt l’ami !

      Salut et fraternité !

      Barnabé

      Voir en ligne : http://www.blog.francis-leguen.com/...

    • Si j’ai bonne mémoire, et pour ces choses je l’ai, Guerlédan c’est toi qui en a parlé le premier ! Moi je t’avais seulement dit que mon rêve c’était le détroit de Magellan à la nage. Tu as dit « ben faudrait p’têt déjà commencer par le lac de Guerlédan » et alors oui j’ai proposé la longueur (12km, pour les non bretons) plutôt que la largeur (200m).
      Donc Magellan c’est toujours dans les projets... Mais faudra un décrassage plus sérieux que pour la Transplage... Peut-être la Dame de Nage se joindrait-elle à nous ? Chiche ?

    • Ok ok, toujours prêt pour des défis à la noix !

      Et Belle Ile ?

      B.

      Ps : je t’ai mis en lien sur mon blog !

      Voir en ligne : http://barbuzard.over-blog.com

  • Heu, au fait comment ça va avec le Speed Graphic ? tu ne nous en parles pas !

    • Ben, il me semble pourtant que c’était le sujet du post... Cet appareil c’est comme le tir à l’arc : le bonheur, c’est pas d’atteindre la cible, ni même de lâcher la flèche, juste de bander (l’arc)... Pour faire des photos, l’Agifold est aussi très bien...

    • (c’etait de l’humour, bon c’est raté !)

    • J’ai pas d’humour, quand on me parle du SG...

    • Ben alors, c’est quoi ce scrongneugneu ? Pourquoi tu t’achètes pas plutôt un bridge, c’est pratique et en plus t’as les photos tout de suite !?

      Bon, je file, hem hem...

    • Je rentre juste de chez la dentiste, merci de ne pas me parler de bridge, ni de couronne, ni de quoi que ce soit d’autre que de Cognac. Non mais !
      Oui il m’a bien eu le Christian, tombé les deux pied dans le panneau...

    • Par contre mon fiston, l’a une dent contre toi ! (voir son com sur mon blog pour holga). Il a pas la dent dure mais il aime ce jouet que je lui ai acheté, non non l’a pas la rage dedans, c’est un gars plutôt sympa.
      C’est quoi comme cognac que tu prends ? Moi j’ai du Gouverneur de l’Ile de Ré ou du Balluet, une très vieille réserve de chez Jean Balluet de Neuvicq le Chateau !

      Voir en ligne : Arracheur dedans !

    • Ah ben désolé pour le Holga, c’était sans intention de blesser personne... présente-lui mes excuses, je n’en dirai plus de mal promis (je me retiens, je me retiens, je me retiens...) !

      Balluet oui c’est le mien aussi, d’ailleurs tu me donnes une idée, là... Il faut le dire haut et fort pour soutenir l’économie locale :

      [i]Le cognac c’est bon, buvez-en ! (avec modération)[/i]