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Reflets

29-03-2009

La dernière fois que ça c’est produit c’était en octobre dernier et je l’ai raté.

Un peu comme au donjon de Montségur, dans lequel le soleil entre exactement à l’aube du solstice d’été (idem paraît-il à la porte du soleil, à Rochefort, je n’ai pas vérifié), le soleil vient frapper le clavier du piano juste quelques jours par an, en automne, et au printemps. Ça dure environ deux à trois minutes aux alentours de 8h45, on voit quasiment le déplacement de la lumière sur le bois, ensuite le piano est à nouveau dans l’ombre. En dehors de ces quelques jours, le soleil reste trop bas, ou trop haut, ou masqué par le pignon du voisin, et ne pénètre pas plus loin que la moitié du salon.

Et alors, vous me direz, ça change quoi, que le piano soit au soleil ? Ben, en principe, ça n’est pas très bon pour le placage, que ça décolore ; et c’est triste, un piano décoloré comme une vieille photo passée. Donc c’est bien, que le piano (Pleyel 1902, bichonné par l’ami Rémy) reste dans l’ombre. Par contre, les UV sont bons pour l’ivoire, qu’ils blanchissent.

Mais ce qui est particulier quand ce rayon de soleil tape le piano, donc quelques minutes cinq ou six fois dans l’année, c’est que cela projette sur le couvercle du clavier, des reflets des touches, avec des bizarres aberrations qui font comme des vagues, et sur l’ivoire, le reflet du logo Pleyel. Le clavier est donc miroir de son couvercle, et réciproquement. C’est sans doute plus courant avec les laques brillantes et les touches plastique des pianos modernes, mais pour que ça se produise avec le palissandre ciré, l’ébène et l’ivoire mats, il faut vraiment ces conditions d’incidence et de lumière particulières. Et puis à peine le logo est-il complètement éclairé, que l’ombre arrive par le haut et éteint tout ce petit feu d’artifice. Cette fois j’avais prévu le coup, installé la chambre sur pied un bon quart d’heure à l’avance, et m’étais mis à l’affut devant le piano, comme un photographe animalier. Et j’ai pu faire trois images du « phénomène ».

Évidemment ça n’est pas le rayon vert, une aurore boréale, ou le solstice à Montségur. Juste des reflets sur un vieux piano. Mais c’est joli, fugace, c’est rare, et puis ça annonce le printemps, un peu comme le premier chant du coucou, qui me surprend toujours quand je n’ai pas de monnaie sur moi (il paraît que ça procure sinon, argent toute l’année).

Bon, j’arrête là, en plus Jo n’arrête pas de m’envoyer des reflets sur l’écran, en se servant de son lecteur mp3 comme miroir...

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Messages

  • Salut !
    Et bien le moins qu’on puisse dire c’est que ça valait le coup de l’attendre, ce fugace rayon de soeil !
    Des vagues de musique onirique ? :)
    A + !
    Seb

  • Que c’est beau un piano !!! Moi j’ai juste une guitare offerte par mes enfants, un bonheur ! bon, je sais pas quoi en faire ! peut-être faire une photo, c’est une bonne idée. Il est trop tard pour apprendre, j’aurais tant aimé. La semaine prochaine je vais à Sète, un miracle au contact de GB ?

    Voir en ligne : http://lapossonniere.canalblog.com