Café du Commerce
Accueil > Blog > Archives 2006 > Glenfiddich

Glenfiddich

05-10-2006

Je l’avoue et même le revendique, j’aime le whisky. Ça a commencé un week-end où j’avais une rage de dents, et pas de dentiste disponible à 50km à la ronde. Ça a continué, une année où j’étais régulièrement enquiquiné au travail par une fâcheuse (pour rester courtois), et où j’y trouvais un certain soulagement en rentrant à la maison.

Enfin, lors d’une hernie discale carabinée, tellement que même des antalgiques de cheval ne me soulageaient pas, sauf — ce qui était absolument interdit par la notice — aidés par un petit whisky. Donc, avec accord du toubib, deux Glenfiddich par jour, avec les drogues (merci Michel, c’est comme ça que je comprends la médecine).

Depuis je n’en abuse pas, mais c’est toujours un bon compagnon parce que si c’est dans le besoin qu’on reconnait ses vrais amis, il ne faut pas les oublier quand tout va bien.

Sans être connaisseur, j’apprécie (je dis ça si vous avez envie de me faire un cadeau) autant le Dalwhinnie que le Talisker, le Knokando ou Oban autant que le merveilleux Lagavulin au goût de tourbe. Et puis, je confesse aussi un faible pour le Glenfiddich, qui est un whisky capable du meilleur dans les vieilles cuvées, et accessible, honnête et qui ne déçoit pas en version courante.

Voilà. Je ne vous dis pas ça pour étaler mes connaissances ou ma future cirrhose, mais parce que cette semaine, je suis tombé sur une pub pour le Glenfiddich dans Télérama. Oui, je sais, Télérama, c’est un magazine de bobo, je m’en excuse auprès de certain chanteur énervant qui ne les aime pas, même si je doute que lui lise Télé 7 jours, sauf quand on y parle de lui. Et puis question de l’alcool le chanteur énervant je ne lui arrive pas vraiment à la cheville.

Donc habituellement la pub Glenfiddich, dans Télérama, c’est classique, genre tête de cerf sur fond de landes et brumes écossaises à la Braveheart. Mais là , le coeur de cible n’était manifestement pas l’instit de campagne amateur de pur malt. Jugez-en par vous-même :

Un Glen de 40 ans d’âge, certainement que c’est bon. 4000 euros, sans doute qu’il y a des cognacs et des bordeaux qui atteignent cette somme (ça me rappelle un voisin collectionneur de vins, dont le fils
avait malencontreusement débouché un Margaux d’une valeur considérable, et qui était complètement retombé en enfance. Le vin, pas le voisin.)

Mais crotte de biquounette, non, je ne mettrai pas cette somme que d’ailleurs je n’ai pas, dans un un coffret Ego Case. Tant qu’à flatter mon ego, avec cette somme, je pourrais déjà :
- refaire le toit de la maison qui prend l’eau, au point qu’il pleut même sur la Poune la nuit, et qu’elle a dû déplacer son lit ;
- refaire les marteaux du piano (vous ai-je déjà parlé de mon Pleyel de 1907 ?)
- m’offrir un vrai synthétiseur analogique avec plein de jolis boutons, par exemple un Analogue Systems ou Synthesizers.com ;
- aller enfin, tremper mes palmes dans le détroit de Magellan ;
- faire un don à Pat Volkerding pour le remercier de la nouvelle Slackware 11 ;
- m’offrir au moins 100 bouteilles de très bon whisky pour les futures rages de dents, clientes emmerdantes et hernies discales, et aussi, quelques apéros sereins avec des bons copains, l’été sur la terrasse, avec le chien, les tortues et les poissons rouges.