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Remède pour le rhume

Plage en septembre, suite

20-09-2009


Laure Manaudou arrête la natation, moi je reprends : il n’y avait pas de place pour nous deux dans le bassin (pensée Facebook du jour)

Ça y’est c’est l’automne.

Forcément avec ce temps on ne sait pas comment s’habiller, on transpire dès qu’on va au soleil et qu’on bouge un peu, et on se gèle dès qu’on se retrouve à l’ombre ou en courant d’air. Et puis on a repris la classe, 27 petits de 3-4 ans et on sait bien que la classe maternelle, si on arrête un an ou plus le retour est synonyme de rhumes, bronchites, rhinopharyngites et autres joyeusetés tout l’hiver, le temps de se refaire des défenses immunitaires. Heureusement j’ai déjà donné pour la mononucléose.

Enfin voilà c’est le premier rhume de l’année.

Rien de plus agaçant qu’un rhume. Pas vraiment une maladie, mais un inconfort extrême. Journées qui n’en finissent pas, nuits pénibles à se retourner, se lever, se moucher, reprendre un cachet pour essayer enfin de respirer normalement.

Enfin, je ne vous raconte pas ça pour vous apprendre ce qu’est un rhume. Vous savez ce que c’est. Non, c’est parce que j’ai un truc absolument génial pour lutter contre le rhume. Il vous faut :

- une grande marée ;
- un horaire de marée adéquat sinon c’est bain de boue, meilleur pour les rhumatismes que le rhume ;
- une monopalme ;
- un tuba frontal ;
- un haut de combinaison de nage parce qu’il commence à faire plus frais dans l’eau. Le haut seulement, vous verrez pourquoi ensuite.

Donc, vous vous rendez vers 17h30, bien enrhumé, sur la plage de Fouras (pas la grande, mais l’autre, celle que vous connaissez, où il n’y a jamais personne). Croisez en chemin quelques courageux promeneurs en pull et K-Way parce qu’il y a un petit vent et c’est la fin de journée. En plus, marée d’équinoxe il y a souvent des averses.

Amenez sur la plage le bac plastique avec la combine, le tuba, les lunettes (de simples lunettes de piscine : surtout pas de masque). Posez ledit bac sur le perré d’une des maisons qui bordent la plage, au 20 septembre elles sont déjà toutes fermées ou presque.

Enfilez le haut de combinaison, non sans vous faire la remarque que le néoprène a un peu rétréci depuis que vous l’avez fait faire à vos mesures (chez Topstar) il y a quelques années quand vous étiez encore un fringant trentenaire.

Mettez-vous à l’eau, enfilez la monopalme, et partez doucement vers le large, sur le dos.

Quand vous êtes un peu échauffé, passez sur le ventre, donc le nez dans l’eau et là, miracle, vous respirez enfin. Pas encore par le nez, avec le tuba : mais l’eau de mer décongestionne, nettoie, et lorsque vous sortez la tête de l’eau de temps en temps pour souffler (parce que c’est dur, la monopalme, mine de rien) vous respirez comme vous aviez oublié qu’on pouvait respirer. Soulagement immédiat, bonheur intense qui valait bien de faire quelques kilomètres et se plonger dans le clapot et l’eau grise.

Nagez 400m jusqu’au carrelet habituel ; pause pipi rituelle à cet endroit (pour ça, que c’est mieux de ne pas mettre le pantalon néoprène, quand il ne fait pas trop froid).

Repartez de l’autre côté de la plage, là où vous n’allez jamais parce qu’il y a un banc de rochers juste sous l’eau, mais aujourd’hui il y a suffisamment de fond. Profitez-en pour aspirer, en nageant, l’eau de mer par le nez jusqu’à ce qu’elle coule dans la gorge.

Avec le clapot buvez quelques petites tasses par le tuba, ça brûle un peu sur la gorge irritée mais ça nettoie aussi.

Revenez au bout de 30 minutes, petites apnées dynamiques en direction de la plage (avec le rhume, vous êtes entraîné déjà, à l’apnée) et laissez vous échouer comme un gros phoque au bord de la plage. Balloté par les vagues déchaussez la mono sans perdre surtout le précieux tuba, un frontal ça ne se trouve pas chez Décath’.

Admirez comme vous respirez librement et sans contrainte. Aspirez largement, car le plus dur reste à faire : retirer la combinaison (l’enfiler c’était une douce rigolade en comparaison). L’inconvénient d’être seul sur la plage, c’est qu’il faut se débrouiller tout seul. L’avantage, c’est que le ridicule ne tue pas, quand vous vous y reprenez à cinq fois, en apnée dans le f. néoprène mouillé qui refuse de glisser, et tout rouge quand enfin vous avez pu sortir de cette mue froide, collante et mouillée.

Restez quelques instants tout nu dans le vent, pour finir de sécher comme les cormorans : l’exhibitionnisme c’est encore meilleur quand il n’y a personne. Respirez à plein nez, à pleins poumons.

Reprenez les vêtements secs dans le bac plastique, rentrez chez vous en utilisant quelques mouchoirs mais il ne sort que de l’eau de mer et vous respirez toujours.

De retour à la maison, expliquez à Madame qu’un petit Malt est indispensable car faisant partie du traitement anti-rhume. Évitez que ce soit elle qui le verse en vous narguant comme quoi l’homéopathie c’est efficace aussi.

Prenez en photo la monopalme et les médocs. Enfin, demandez à Madame de faire la photo avec son téléphone parce que forcément l’appareil photo numérique a rendu l’âme après trois ou quatre ans de bons et loyaux services (le Rolleiflex en a 70 et fonctionne a la perfection, mais je n’aurais pas été dans les délais pour le blog).

Passez une bonne soirée en respirant librement, bien content et fier d’avoir terrassé la saloperie de maladie. La nature et surtout la mer, rien de tel, c’est bien mieux que la pharmacopée.

Enfin, pour être tout à fait honnête, à partir de 22h les effets se dissipent. La nuitqui suit est comme la précédente : pénible, malgré deux Actifed et trente mouchoirs, et la journée qui suit encore pire que la veille. Mais c’est comme ça : tourne-zou, vire-zou, un rhume soigné, c’est quinze jours, un rhume pas soigné, c’est deux semaines.

Messages

  • L’eau de mer c’est très bon pour le rhume, l’eau de la piscine aussi, mais franchement après toutes ces années à cotoyer des gamins de maternelle, je ne comprends pas comment tu attrapes encore leurs saloperies, moi je suis immunisé, jamais un virus chopé à l’école, donc jamais un jour de congé maladie pour ça, c’est désolant ! peut-être que cette année avec la pandémie on va pouvoir fermer l’école sans être malade, quel luxe ! en tout cas bravo pour tes efforts physiques, quand tu auras assez d’entraînement pour traverser l’estuaire à la nage, viens me secouer, car depuis la rentrée j’ai du faire 2 km à vélo et c’est tout ! Allez, comme je dis à mes petits : pense à te moucher ! et guéris vite.