Café du Commerce
Accueil > Blog > Photographie > Camping

Camping

À quoi sert un camping sans campeurs.

28-10-2009

Cinq ans déjà, que l’on habite à deux cents mètres du camping de Tonnay-Charente. Pour expliquer où se trouve la maison, c’est pratique : cinquante mètres après le pont, en direction du camping. En cinq ans, je suis passé devant quelques milliers de fois, puisque sur un des trajets de promenade du chien, et aussi du boulot.

Passé derrière aussi quelques milliers de fois, sur la bande d’herbe entre le camping et la Charente. Le jour, la nuit. Sous le soleil, sous la pluie, dans le brouillard.

Camping 2008

Mais je n’étais jamais entré, pour quoi faire ? Tant qu’il y avait des campeurs j’aurais eu l’impression d’entrer chez les gens.

Et puis voilà, depuis presque un an, le camping est fermé, définitivement, sans doute. Raisons compliquées : la municipalité, de bonne volonté, voulait en faire à la fois un lieu pour les touristes, mais aussi d’hébergement d’urgence temporaire et d’insertion, en déléguant la gestion et l’entretien à une association d’insertion. Mais ça n’a pas bien marché : si j’ai bien compris, problèmes de cohabitation entre « vrais » campeurs et résidents en mobilhome ; l’asso d’insertion qui ne voudrait plus s’occuper de l’entretien. Ajoutez à ça les problèmes récurrents et universels de mises au normes et de financement des communes, et voilà comment on est toujours sur la route du camping, mais qu’il n’y a plus de camping (on avait connu à Pontivy, un peu la même situation, là-bas c’était avec des gens du voyage — ça n’est jamais simple). Pourtant l’endroit est bien, au bord du fleuve, proche du bourg, et boisé. Rien à voir avec les parkings à mimiles de la côte vendéenne.

Moi j’aime bien les endroits désaffectés en général, parce que ce sont des endroits tranquilles, qui aident à faire un temps le silence à l’intérieur de soi. Mais je suis resté des mois avant d’enjamber la clôture (d’ailleurs complètement affaissée, tout au fond) avec le chien puis l’appareil photo : au début ça n’avait l’air que d’un camping vide, le temps n’était pas passé dessus. Et puis dimanche, changement d’heure, on s’est levés plus tard, il y avait du brouillard, et en ouvrant la porte je savais que c’était un temps pour la photo.

C’est drôle un camping désert dans le brouillard. Très silencieux. Très humide. Avec l’automne des couleurs, des feuilles mortes, les stèles des numéros d’emplacements et les bornes électriques comme un cimetière paysager.

Stèles

Avec le Tintin et le Rolleiflex on en a donc fait le tour du camping. C’est d’ailleurs vite fait, il n’est pas très grand. Les lavabos adossés aux anciens abattoirs, occupés maintenant par le club nautique (mais toujours une tête de vache au-dessus de la porte).

Le dernier mobilhome, et ses plantations.

Mobilhome

La maison du gardien avec le bassin.

Bassin

Voilà. Bon, je ne vais pas vous faire un catalogue, mais vous invite à poursuivre la visite.

Messages