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L’Aigle noir

Vase communicant avec Daniel Bourrion

02-09-2011

Texte écrit par Daniel Bourrion pour Face terres, qui invite sur son site mon texte Oiseau mécanique dans le cadre du projet des Vases communicants : « le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. »

Voir la liste des autres vases communicants, maintenue par Brigitte Célérier.


On marcherait là entre les couches d’un temps feuilleté qui ne seraient plus étanches les unes aux autres, qu’on traverserait en entrant simplement dans telle pièce ou dans cette autre, qu’on verrait demeurées telles que quand on restait simplement sur certain seuil à regarder un cabinet de curiosités laissé en l’état et à l’examen duquel on ne pouvait s’empêcher de penser que son propriétaire allait entrer par la petite porte du fond, la moustache alerte, le costume noir, un papillon multicolore épinglé dans une boîte à la main.

Dans le hall dévolu jadis aux bals et aux soirées où l’on recevait, l’aigle noir restait lui suspendu au ventre des heures à attendre de fondre sur une proie qui ne viendrait jamais.

La mort était partout mais ce n’était pas celle qui terrorise que l’on reconnaissait là, simplement, celle qui fige lentement et sans douleurs les choses et les instants dans un ambre aux iris gris.

Lorsqu’il fut l’heure de s’en aller, ce qui resta marchant entre les murs, c’était seulement le silence des demeures qui n’abritent plus que nos passés.

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