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Berlin-Nostalgie

BMW Berlin Marathon, 1

samedi 1er octobre 2011, par JB


Pourquoi à 48 ans bien tassés, et que l’on n’est pas vraiment sportif dans l’âme, tout juste jogger du dimanche et encore, à condition qu’il ne fasse pas trop chaud, ni trop froid, que l’on n’ait pas mal ici ou là, ou simplement la flemme, et que l’on n’a jamais couru plus que 20km, s’inscrit-on au marathon de Berlin, neuf mois avant le 25 septembre ?

Parce que j’enviais mes copains Gilles et Nigel, marathoniens confirmés, d’avoir réalisé plusieurs fois ce que je considérais comme un truc de doux-dingue, aux limites de ce que l’on peut raisonnablement demander à un corps humain, et pas très loin dans mon esprit d’une traversée de la Manche à la nage (un autre vieux rêve, mais dans les faits, c’est quand même une autre paire de ... manches, justement).

Parce qu’un beau jour on commence à trottiner lourdement 3km entre la maison et le passage à niveau, histoire de se remuer les fesses et tenter de compenser un peu le temps passé à stagner devant l’ordi. Puis la course populaire de la commune, de 10km, pourquoi pas ? On s’y prépare. L’objectif atteint, devient la distance normale d’entraînement. Alors on regarde du côté des courses de 20km, parce qu’on aime se lancer à soi-même des défis idiots, et que c’est toujours plus motivant de courir avec un objectif, que juste courir après sa jeunesse, que de toutes façons on ne rattrapera pas. Deux semi-marathons, à Rochefort, aux Sables d’Olonne : c’est dur, plutôt douloureux sur la fin, mais ça passe. Tout fier de mon exploit, qui fait plutôt sourire Gilou : « dans un marathon, ce ne sont pas les premiers 20km les plus difficiles ! »

Et pour finir, rencontre sur le trottoir, un soir de décembre, de la voisine, elle aussi marathonienne récidiviste, qui me déclare s’être inscrite pour Berlin. Une demi-heure après j’y suis aussi, avion, hôtel réservés, payés. Sarcasmes de la famille : « encore un truc que tu ne feras pas, on parie l’apéro. » Je n’ai pas parié, parce qu’au fond je leur donnais raison. Mais il y a des décisions qu’il ne faut pas différer, pas prendre le temps d’y réfléchir, de les analyser, sinon effectivement des actes que l’on ne fera jamais.

Mais en fait, la vraie raison, c’est que depuis 24 ans je rêvais de revenir à Berlin ; que je n’avais pas su profiter des 6 mois où le fiston y avait vécu, qu’il avait réactivé ma Berlin-Nostalgie, et que j’avais une envie folle de revoir cette ville, et savoir si les anges de Wenders la hantent toujours (entre temps, Peter Falk est revenu à son état antérieur).

Le marathon : juste un prétexte. Revoir la ville, d’abord et surtout. (À suivre...)

(Photo : Yvain Bon)

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