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11 novembre

On commémore comme on peut

11-11-2011

Tous les 11 novembre c’est un peu pareil. La cérémonie devant l’école, toujours avec les mêmes gens, le matin.

Ce matin n’avais pas regardé l’heure, levé tard, promené longuement le chien et pas eu le temps de déjeuner (m’en faisais une fête, la baguette fraîche, le miel, le fromage blanc et surtout la tasse de thé, tout ça tranquille...) quand le collègue est passé me chercher.

Instit à la campagne, ça fait un peu partie des obligations du service. Au moins, des obligations morales. Mais j’en ai tellement bouffé étant gosse des 11 novembre, avec l’Union Musicale (tiens, je ne me souvenais plus, avoir fait déjà un billet sur le sujet), que ça ne m’ennuie pas d’y participer : autrefois, c’était trois cérémonies à la suite, et donc, trois vins d’honneur. À Cabariot, un seul : on peut remettre l’apéro à la maison ensuite. Et puis que des gens sympathiques, l’occasion de revoir des anciens élèves (car, oui, même les jeunes, là-bas, c’est étonnant, mais comme ça).

Reste cette interminable litanie des morts de la grande guerre, pour un si petit village, qui impressionne toujours. Et puis qu’on a quand même un peu l’impression que ça plombe le long week-end.

Mais aujourd’hui c’était grand beau temps, marée haute sur les 16 heures. Et pour faire passer le baba au rhum (en l’honneur de l’Étudiante, qui avait exceptionnellement laissé un peu ses équations de biochimie pour passer le week-end avec ses vieux parents) avais pris la seule décision possible : sortir un peu la monopalme à Fouras.

J’aime la plage toute l’année, mais plus encore, et de loin, hors saison. La plage préférée, celle dont on ne révèlera ni le nom (qu’on ne connaît même pas) ni l’adresse, était sous l’eau. Donc, repli stratégique vers la plage de la Vierge, noire de monde : deux pêcheurs taquinant le bar, avec leurs lancers.

Strip-tease pour enfiler le maillot et la Topstar. Pêcheurs ou pas, il y a lurette que je ne m’embarrasse plus de manières, sur la plage (tu te rappelles, Barnabé, la mémé pas contente de voir nos fesses sur un parking à Arradon, comme tu l’avais calmée : « Hé, Mémé, si ça te plaît pas, t’es pas obligée de regarder ! »)

Mise à l’eau, enfilage toujours un peu acrobatique de la mono, et c’est parti. Longtemps que je n’avais pas nagé en monopalme. Toujours pas à l’aise avec cet engin qui est censé faire nager les gens plus vite, avec moins de fatigue, que les bi. Moi, je nage deux fois moins vite, et me fatigue deux fois plus, avec. Mais j’aime, quand je passe sur le dos (parce qu’au bout de 5 minutes, besoin de récup) voir cette grosse queue de poisson noir au bout de mes jambes, émerger. Sinon, préfère l’utiliser en piscine, surtout en apnée. Glisser au fond de l’eau avec ça, c’est parfaitement jouissif.

Trois quarts d’heure dans l’eau, puis le tendon qui proteste encore d’avoir fait, et plus encore, préparé le marathon, se rappelle à mon bon souvenir. Demi tour, retour dans le courant ça va plus vite, et échouage peinard sur la plage. Ça fait toujours un peu drôle, de se retrouver en station verticale, et on chaloupe comme si on avait bu.

S’extirper de la Topstar (avoir perdu quelques kilos superflus, aide bien, j’y arrive à nouveau sans aide). Serviette. Crotte, oubliée à la maison la serviette. Bah, le polo fera l’affaire. Strip-tease à l’envers, les pêcheurs dans leurs cirés n’en ont rien à f., photo pour FB parce que ça le vaut bien, et voilà, voiture avec encore du sable dans les doigts de pieds.

Suis pas vraiment sûr que tout cela valait un billet sur le net, mais bon... Fallait bien le commémorer d’une façon ou l’autre, ce 11/11/11.

Messages

  • Bien que discrètement je fais partie depuis quelques mois de vos fidèles lecteurs. Merci pour ces textes alertes, écrits dans un style que j’aime et qui déclenchent à chaque fois une douce émotion et empathie.
    Merci

    • J’aime les gens discrets, qui laissent malgré tout une petite trace d’amitié, et qui ont en plus un pseudo amusant. Merci !