Café du Commerce
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De la vanité des choses humaines

01-09-2005

De la vanité des choses humaines. Ça restera un des souvenirs marquants de cet été, avec le festival de Saintes et L’histoire de Jack Rose.

Du festival de Saintes, je ne vous conterai que ma surprise, lorsque, assistant gratuitement et anonymement à une répétition publique, j’ai vu Philippe Herreweghe avancer vers moi, sac au dos et queue de chemise, main tendue et grand sourire, pour me saluer. « Tiens, il doit lire le Café du Commerce », me dis-je. J’étais assez flatté qu’un musicien de cette trempe m’ait reconnu et distingué parmi le public – il est vrai assez peu nombreux cet après-midi là. En fait, pas du tout ; peut-être, sûrement même, est-il un fidèle de mon site, mais il ne m’avait pas reconnu, j’étais juste assis à côté de la soprano Carolyn Sampson (que moi, je n’avais pas reconnue) et c’est à elle qu’allait cet hommage. Déception.

De l’Histoire de Jack Rose (rien à voir avec Titanic !) c’était tout bonnement un excellent feuilleton radiophonique de l’été, gouleyant et jazzy à souhait, sur France Musiques et Radio Suisse Romande (où l’on peut encore écouter quelques émissions en ligne, pour combien de temps ?) J’en ai quelques heures sur mon disque dur, n’hésitez pas à me les demander...

Mais je vous sens impatient, vous avez vu les photos, d’un genre plutôt inhabituel sur ce site de haute tenue, et attendez que je vous parle de seins, plutôt que de Philippe Herreweghe ou Jack Rose. Ces seins ne sont pas ceux, non plus, de Carolyn Sampson (qu’elle a très jolis d’ailleurs). Alors, quid ?

Ben voilà, c’était un après-midi sur la plage... Petite plage du bassin d’Arcachon, peu fréquentée parce que comme dit ma mère, « à marée haute, y’a pas de plage, à marée basse, y’a pas d’eau ». J’étais là, gratuitement et anonymement selon mon habitude, en train de réfléchir à quelque question d’importance relative à la marche du monde, quand mon regard fut attiré par une superbe poitrine féminine, à dix mètres à ma droite. Habituellement je ne suis pas spécialement attiré par les seins volumineux, mais là ils avaient une tenue vraiment splendide, qui forçait le respect.

Malgré tout il y a avait un truc qui clochait : la créature debout qui arborait ces attributs avait bien mon âge (donc encore jeune, mais dans la force de la maturité) et quelques détails contrastaient : quelques plis dans les dos, un manque de fermeté certain dans les cuisses... Ça ne collait pas avec le port agressif et juvénile de ces seins. Bon, curieux, me dis-je, et me remplongeai dans la contemplation de la vase (puisque j’étais sur la plage, c’est qu’il n’y avait pas d’eau) et mes reflexions sur le monde. Et puis ma voisine s’est allongée sur le dos et sa serviette, et ses deux seins continuaient à pointer vers le ciel, comme deux pains de sucre, tendus, arrogants, insolents, au lieu de s’épanouir et se reposer moelleusement en corolle, comme le font la plupart des seins bien élevés, selon la loi bien établie désormais de la pesanteur. Aucun doute : c’était des faux. Des implants. Des contrefraçons. Du silicone, du plastique, du toc. Du pipi de chat, de la roupie de sansonnet, de l’attrape couillon, du piège à cons. Et la petite dame, comme elle en semblait fière, de ses prothèses !

J’ai attiré discrètement l’attention de la famille sur le phénomène, de Madame d’abord, pour confirmation et avis éclairé, de Junior ensuite, pour son éducation. Madame, qui s’y connait, confirma mon diagnostic. Junior fit une moue un peu dégoutée, de toutes façons passé seize ans les filles sont toujours trop vieilles à son goût.

Notre voisine un moment après se releva, passa un débardeur blanc sur ses précieux machins synthétiques (ça doit pas être donné en plus ces trucs), et passa devant nous, précédée de ceux-ci, pimpante et sûre d’elle. Moi, j’étais hilare, et surtout content : je tenais un café du commerce pour la rentrée.
Avant Après