Café du Commerce
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Roman d’amour

15-06-2005

C’était avant-hier sur le forum Plenum, un forum de discussion sur l’orgue [1] où je rôde souvent sans intervenir beaucoup pour cause d’incompétence – ou alors pour dire des bêtises. Je venais de lire (commandé pour mon anniversaire chez l’unique et anachronique, mais authentique libraire de Tonnay-Charente) un bouquin passionnant sur Albert de l’Espée, un de mes héros favoris avec St-Ex, Gerbault et Moitessier. Je n’ai pas pu m’empêcher de relancer sur Plenum un fil de discussion sur l’orgue Cavaillé-Coll du baron, le plus grand jamais construit pour un particulier, instrument sublime qui pourrit gentiment faute d’entretien au Sacré-Coeur de Paris, dans l’indifférence du clergé en place, de la mairie de Paris, et des touristes japonais qui ne sauront jamais que cet orgue fut rêvé par un wagnérien maniaque pendant plus de dix ans, conçu et réalisé par un facteur de génie, installé sur une falaise face à l’océan dans un château construit exprès pour lui, puis revendu quelques mois après à cause d’un chagrin d’amour (j’espère pouvoir vous en dire plus dans la prochaine chronique...)

Pour en revenir au Sacré-Coeur, j’ai sans doute un peu maladroitement exprimé mon admiration pour cette belle église par mon expression habituelle « ce gros caca néo-byzantin qui défigure la butte Montmartre » Las ! Il y a sur Plenum des connaisseurs et amateurs d’architecture XIXe qui m’ont quelque peu remis en place. Tenant à garder de bonnes relations avec ces amis et maîtres dont je suis indigne de tirer les jeux ou même tourner les pages, j’ai fait profil bas...

Mais ici, à mon comptoir du café du Commerce, charbonnier maître chez lui, je persiste, signe et proclame haut et fort : le Sacré-Coeur est bien un gros caca néo-byzantin qui défigure la butte Montmartre !

Sacré-coeur

Ah, ça fait du bien...

Mais critiquer c’est bien, proposer c’est mieux. Alors, je vous invite à oublier tout ce qui est gros, lourd, néo-machin, imposant, sucré et indigeste, puant la sueur de touriste, la nonne pas fraîche, l’encens et la frite frelatés, et vous emmène dans de vrais espaces pour le rêve et la méditation, sentant la pierre, l’eau et dans lesquels est perceptible... je n’en dis pas plus, appelez ça comme vous voulez... même sans orgue, même par le net ça doit passer...

- Bessuéjouls ;

- Conques ;

- Aulnay.

Bessuéjouls
Photo : www.art-roman.net

Notes

[1Ce forum malheureusement n’existe plus.