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Intervention Delta - 2/4

11-07-2015

Résumé de l’épisode précédent : notre héros a vu à l’âge de 13 ans le film "Intervention Delta", dans lequel James Coburn à l’idée d’utiliser des deltaplanes pour délivrer son ex, et son fils, de méchants terroristes grecs.


(suite de ce billet)

Donc notre homme rencontre (par hasard, ça tombe bien) une troupe d’acrobates aériens professionnels, et apprend à voler en aile delta.

Il faut te dire aussi, ô lecteur et néanmoins ami, que les deltaplanes de l’époque n’avaient pas grand chose en commun avec ceux d’aujourd’hui, qui sont des machines aussi fiables et performantes que peut l’être un engin aérien. Les ailes Rogallo du nom de leur inventeur, c’était du rustique de chez rustique, un triangle de tissu tendu sur quatre tubes en alu, une planche pour s’asseoir dessous, un trapèze pour le diriger avec le poids de son corps. Les premières ailes volaient à peu près comme nage un fer à repasser, avaient une tendance fâcheuse à piquer du nez sans possibilité de les redresser, et il fallait être un peu trompe-la-mort pour espérer voler avec ça. Les deltistes d’aujourd’hui les surnomment les ailes de la Mort, non sans raison : un certain nombre d’Icare en herbe se sont empressés à l’époque de suivre l’exemple de leur mythologique modèle jusqu’au bout. Martyrs de l’aéronautique ultra-légère, d’un certain effet de mode, et pour beaucoup aussi, tout simplement de l’inconscience : on achète une aile, ça a l’air facile, il n’y a pas d’obligation d’un brevet de pilote. On se lance avec sans savoir la piloter.

Mais ceux du film sont des as. Ils repeignent leurs ailes en noir commando et s’en vont délivrer ex-femme et enfants qu’ils enlèveront en delta biplace. Longue scène d’anthologie à partir de 51:00, de deltas noirs, volant en silence dans la nuit, au ras des parois grises. Ensuite c’est un peu comme l’assaut du Piz Gloria chez James Bond, en version deltaplane.

Forcément le film finit bien, même si le héros est un peu groggy après avoir fait le zouave sous l’hélico des méchants. Mais plus encore, d’avoir retrouvé puis de voir repartir vers son destin l’ex-chérie ; pour le coup, l’intrépide voltigeur aérien est à la limite du décrochage. Heureusement Aznavour qui n’est pas un mauvais diable au fond lui ramène une bouteille de cognac (détaxé) : au goulot mon pote, du cinq étoiles, on va fêter ça. Et le pauvre pilote solitaire et loin de son foyer repart vers de nouvelles aventures, au son des bouzoukis. Elle est pas belle, la vie en Grèce ?

(to be continued...)