Café du Commerce
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Routine

02-02-2005

Je quitte les quelques sites amis, dont j’admire la constance des mises à jour, en me disant qu’il serait temps, pour moi aussi, de rafraîchir cette page qui commence à sentir le pas frais. Mais pour dire quoi ? Pas de rencontre exceptionnelle, pas de train en retard, pas d’états d’âme particuliers...

Inventaire. Rencontres exceptionnelles, finalement oui. Par le truchement d’un ami virtuel, rencontre par courrier, mail et téléphone, du petit-fils de Gustave Lyon, génial ingénieur et acousticien, patron des pianos Pleyel dans leur grande époque, et concepteur de la salle du même nom. Ce vieux Monsieur charmant m’a envoyé une jolie monographie, sur son grand-père. Du coup les initiales PWL (Pleyel Wolff Lyon) de mon piano prennent un nouveau sens.

Rencontre en vrai de cousins tout aussi charmants et jusqu’ici inconnus, descendants comme moi de Zacharie Bon, né en 1828 dans l’île d’Oléron, cantonnier de son état et père de neu z’enfants comme disait paraît-il mon arrière-grand mère (dont il était le beau-père). Ces cousins, généalogistes passionnés, ont découvert à Zacharie un dixième enfant, ainsi qu’une seconde épouse (il était veuf à trente-cinq ans), donc une branche insoupçonnée de la famille...

Rencontre par la télé, puis Radio Suisse Romande, de Wanda Landowska, dont je ne savais pas grand chose sinon qu’elle avait redécouvert Bach et le clavecin, qu’elle jouait un instrument bizarre, plus ou moins monstrueux (un Pleyel, oeuvre de Gustave Lyon justement), et d’une façon qui aujourd’hui fait sourire les baroqueux. Découverte bien au delà de cette caricature, d’une personnalité extraordinaire vouée entièrement à la musique en général, et au clavecin et Bach en particulier. Coup de foudre.

Quelques mails chaleureux de copains, des correspondants habituels ou parfois perdus de vue depuis longtemps.

Rencontre tous les jours enfin de mes trente enfants de 3-4 ans (plus fort que que Zacharie !), dont Benjamin, petit poucet blond qui me dit lundi :

— Maître, tu n’es plus malade ?

— Non, je tousse encore un peu, mais je ne suis plus malade.

— Alors, tu peux me faire un bisou, maintenant ?

La routine, quoi.

Wanda Landowska