Café du Commerce
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Puni cagibi

04-03-2007

Puni cagibi, c’est le titre d’un album pour enfants , qui raconte comment le plus grand plaisir du petit héros est d’être enfermé dans un cagibi sombre rempli de bric-à-brac...

Une bonne partie de mes soirées, et sutout des vacances, c’est aussi d’être puni-cagibi. Mon cagibi est une petite pièce sans fenêtre, sous l’escalier du grenier, dans laquelle je suis un peu comme en apesanteur. Un peu plus grande qu’une capsule Apollo, mais guère plus, et remplie des jouets qui ne trouvent pas place ailleurs : l’orgue numérique et son ordi qui sert aussi de synthé et lecteur de fichiers ogg, les étagères de partoches orgue et piano garanties d’époque, héritées de la marraine de ma belle-mère, les bouquins de spéléo qui n’ont plus droit à la bibliothèque du salon réservée aux intégrales et belles reliures, la monopalme et les bi-palmes en fibre de carbone, les combis de nage, le trépied photo, la guitare électroacoustique et la belle basse bleue électrique.

Ajoutez à ça, deux ou trois ordinateurs en panne ou en réparation (en ce moment, des Mac, je connais depuis peu, mais j’adore ces bécanes). Les grands tirages photo aussi, de l’époque où j’étais un peu photographe, les jeux de société des gamins qui le sont de moins en moins, et qu’on garde pour les futurs petits-enfants, le stock d’ampoules électriques de rechange, une armoire moche mais impossible à caser ailleurs, pour les fringues d’été en hiver, et les fringues d’hiver en été.

Les CD que je suis le seul à écouter et pas encore mis sur disque dur (François Béranger, Dylan, les Crusaders, divers orgue Hammond ou tuyaux).

Un bullworker acheté un jour aux puces et jamais utilisé. Je resterai à jamais un gringalet sur la plage.

La collection complète du regretté Photographies Magazine.

Manquent juste (mais ô combien cruellement), le piano Fender Rhodes et l’appareil photo Hasselblad, revendus bêtement pour financer je ne sais plus quelle acquisition indispensable. Je ne me console pas de leur absence : à chaque fois qu’un jouet me fait envie, je revends un des précédents pour financer le nouveau... Forcément à chaque fois j’y laisse des plumes, et la marche arrière n’est plus possible. Un Blad encore ça se retrouve. Un Rhodes, c’est plus dur, et pas dans mes possibilités. Maintenant c’est bien fini, je ne revends plus.

Les vacances dans le cagibi, ça consiste d’abord, à passer deux jours pleins, à trier, ranger, parce qu’en temps normal, il sert surtout de débarras. Rajouter une ou deux triplettes, attacher ensemble les câbles qui traînent partout, décider de ce qui va monter au grenier pour laisser la place à ce qui vient d’arriver.

Les vacances dans le cagibi, c’est aussi réécouter BBH 75 d’Higelin, ou Miles Davis à fond les manettes. Et puis aussi, mettre à jour le Café du commerce... Après trois mois de silence il était temps.

Autre passe-temps puni-cagibiesque, rechercher sur le net les jouets indispensables pour le futur : retrouver un Rhodes, un Blad, et puis un gros synthé analogique, genre Doepfer ou Analogue systems.

Un gros z’ampli pour la basse (je ne sais pas en jouer, mais jouer plus fort compense).

Un Hammond XK3. Une petite console de mixage pour brancher tous les ordis sur les enceintes. Un écran tactile pour mon soft d’orgue. Une pédale d’expression MIDI.

Mais bon, pour tout ça faut des sous. Peut-être je devrais revendre quand même, la monopalme. Et peut-être aussi les guitares...

Basse