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Esprit de clocher

27-07-2016

D’abord, c’est mon ego à moi, qui a été tout guilleret de découvrir notre patronyme inscrit sur la liste des donateurs pour la réfection du clocher. Puis pendant cinq minutes me suis torturé les méninges pour essayer de me souvenir quand, dans quelles circonstances, suite à quelle rencontre, quel chagrin d’amour ou quelle absorption (avec un "p" et pas un "b", on en apprend tous les jours) de psychotropes j’avais effectué ce don.

Parce que les temps sont quand mêmes durs, le découvert chronique, et si malgré tout je donne facilement la pièce pour la restauration d’un orgue, je m’en serais souvenu ; et vérification faite, il n’y a pas d’orgue dans cette église, seulement un harmonium antique. C’était donc bien du clocher qu’il s’agissait et ce n’est pas vraiment dans mes habitudes de financer la restauration de clochers.

Mais bon, ce n’est pas très loin de Tonnay-Charente, un temps j’avais même des vues sur une maison dans le village, une collègue y habite et un ami y a une grange, j’aurais pu prendre un billet de tombola pour faire plaisir... Mais à retourner la question dans tous les sens non, vraiment, je ne voyais pas et ça me tracassait. Et puis la Plus belle fille du monde, qui, pourvu qu’elle ait ses lunettes sur le nez, voit plus clair que moi dans beaucoup de domaines, m’a fait remarquer que trois lignes au-dessus, il y avait un autre Bon parmi les donateurs, un Jean-Philippe celui-là. "Arrête de te prendre la tête, tu vois bien, c’est pas toi, c’est un homonyme !" me dit-elle.

Et là, me suis rappelé de mon ancêtre Zacharie Bon, venu de l’île d’Oléron sur le continent à Rochefort au XIXe siècle pour y faire "neu z’enfants" selon la tradition familiale, d’un premier mariage, et on ne sait pas combien, d’un second. Ce qui fait que des Bon dans le pays rochefortais tu donnes un coup de pied dans une poubelle, y’en a cinq qui sortent. Dont probablement ce généreux donateur à l’esprit de clocher.