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My name is Béranger, avec un e

25-04-2017

Comme ça fait des mois voire des années que je n’ai pas écrit de bêtises dans ce blog, vous ne savez peut-être pas que je suis en couple depuis plusieurs années avec la Plus belle fille du monde, et même marié avec elle.

La première fois qu’elle m’a dit son nom de famille, Bérenger, j’ai sauté de joie au plafond, parce que depuis l’adolescence mon chanteur préféré c’est François Béranger. À une lettre près elle aurait pu être sa fille, tu vois ça d’ici, me retrouver le gendre (à titre posthume) de mon idole. Surtout qu’il a une fille de mon âge. Enfin ça m’aurait un peu intimidé quand même ; en plus je n’aurais pas pu m’empêcher de l’appeler Natacha, qui n’est pas son prénom, et je ne suis pas sûr qu’elle aurait apprécié, ni trouvé très original que je compare son ventre à une plaine à blé, dans notre grand lit aux draps bleus où l’on découvre des merveilles.

Mais non, le papi Bérenger n’était pas chanteur, ça ne fait rien, je l’ai gardé quand même ; et je l’aime bien, surtout depuis le jour où il m’a dit je vous confie ma fille avec du trémolo dans la voix et les yeux humides, comme s’il m’avait passé un témoin de relais. Notez que ladite fille se gérait très bien sans lui depuis longtemps, et sans moi jusqu’à présent, mais bon, une fille pour son père, je sais ce que c’est, et comment je serai moi à 90 balais ?

Alors depuis, on a mis les deux noms sur l’interphone et la sonnette, et j’ai pris l’habitude de me présenter au téléphone indifféremment comme M. Bon ou M. Bérenger.

Et quand même, j’ai tant d’affection pour mon vieux François Béranger, que c’est comme si j’étais un peu de sa famille à lui aussi, de porter son nom à une lettre près.

Là ou ça a été un peu plus difficile, ça a été de s’habituer, alors que depuis plus de trente ans, Béranger était gravé photographiquement dans ma tête forcément avec un "a", à l’écrire avec un "e". Un peu comme tous ces gens qui pendant toute la campagne présidentielle, se sont obstinés à écrire Mélanchon au lieu de Mélenchon, tellement qu’à la fin je ne savais plus moi-même. Je ne compte plus le nombre de ratures que j’ai faites comme ça, jusqu’à une date très récente, et à chaque fois ça me demande effort d’écrire correctement son nom, et je me pose la question.

Et puis un jour, miracle, au bout de six ans et demi, c’est l’inverse qui se produit : tu écris par erreur François Bérenger.

Et là, tu te dis, cette fois, ça y’est, on est ensamble pour de bon.