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Câlin-chiffonnette

21-07-2017

Comme la douche après le sport, le meilleur moment de la séance de musique c’est peut-être ce long câlin avec l’instrument et la chamoisette jaune, tampon par tampon, tringle par tringle, clé par clé, et le lisse du cône d’ébène jusqu’à ce qu’il ne reste pas jusqu’à l’idée même qu’une trace de doigt ait pu exister, et que l’instrument ne soit pas neuf.

Chacun a la sienne : le hautbois, le piccolo, l’Odyssey, on ne mélange pas. Les basses et guitares se partagent quand même la même, entre frangines, et pour le piano c’est un peu plus compliqué : plus gros, et sur l’ivoire les doigts ne laissent pas de trace et du coup je ne le fais pas à chaque fois (ce que je faisais pourtant avec l’autre piano, le Rousselière chéri adoré, aux touches refaites en plastique). Avec un chiffon plus "chiffon" en recyclage de vieux drap de lit, et un peu d’alcool.

Comme on remercierait du bon moment qu’il nous a donné (ou comme on bouchonne son cheval aussi, après une belle balade, et on lui met une belle botte de paille bien fraîche), manière de lui dire qu’il est beau, et qu’on l’aime.

Je dois reconnaître m’être rendu compte seulement ce soir (peut-être parce que je deviens plus sentimental aussi avec l’âge, avec mes instruments) qu’avec le corps du haut du hautbois, et compte-tenu de sa forme et dimensions, ce délicat astiquage avait quelque chose de plus, comment dire... comme une dimension érotique.

Mais bon, je ne vais pas vous faire un dessin, et il paraît que ça ne rend plus sourd, et même ce serait bon pour prévenir le cancer de la prostate.