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Bye Slava

29-04-2007

C’est pas que j’aime particulièrement faire dans la nécrologie... Il y a tellement de gens merveilleux vivants, et c’est toujours mieux de parler d’eux pendant, qu’après.

Mais bon, voilà. Mstislav Rostropovitch est mort la semaine dernière et ça ne me laisse pas indifférent. Évidemment je ne le connaissais pas personnellement. Évidemment il y a plein d’autres musiciens merveilleux (sans réfléchir les premiers noms qui me viennent sont Pierre Pincemaille, Michel Chapuis, Dietrich Fischer-Dieskau...)

Les journaux ne se privent pas d’évoquer une baisse de sa technique violoncellistique ces dernières années (qui ne baisse pas, et bien avant ses 80 ans ?) et lui reprocher ses suites de Bach, enregistrées sans doute trop tard, mais parce qu’à l’époque où il était en pleine possession de ses moyens techniques, il ne se sentait simplement pas prêt spirituellement, à les graver. Sans doute une erreur, mais quelle leçon d’humilité...

Dans l’hommage et le consensus sur Rostropovitch il y a bien entendu le fait que ce musicien-là était plus célèbre et plus présent dans les média que d’autres.

N’empêche. Si je ne suis pas un expert, le violoncelle de Rostropovitch m’a toujours fouaillé les tripes, et le bonhomme a je crois eu un parcours d’Homme, à la hauteur de son parcours de musicien. Ça n’est pas donné à tout le monde, et c’est sans doute à cela, qu’il doit une reconnaissance aussi générale.

Disant cela, je repense à la soirée électorale de France 2 la semaine dernière. "Ils" avaient invité Bernard Tapie, ce qui m’a fait immédiatement zapper, puis revenir pour cause de pub sur l’autre chaîne. Ce type-là m’horripile comme aucun autre et n’avait à mon humble avis rien à foutre dans une émission a priori civique un soir où se joue en partie l’avenir du pays (mais son retour et son engagement sont révélateurs de ce qui nous attend sans doute si par malheur...)

Si j’en parle, c’est parce que Slava était en quelque sorte l’antithèse exacte, l’antidote absolue à Tapie et consorts, et je m’excuse pour l’injure que lui fait même cette comparaison.

Rostropovitch représentait le talent multiformes (piano, orchestre) au plus haut niveau, l’exigence, la droiture, la générosité, la modestie, le courage, l’humanité dans ce qu’elle a de plus haut et d’encourageant.

Bref, je n’allonge pas. Respect, Monsieur Rostropovitch. Salut et fraternité, Slava.