Café du Commerce
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Ringarde

20-05-2007

Ça m’arrive d’écrire des choses pas toujours gentilles sur nos politiques, et de plus en plus depuis quelques temps, je ne sais pas si vous l’avez remarqué.

C’est pas de la médisance, ni même du parti pris, enfin, je ne crois pas... Juste des réflexions ou coups de gueule comme on en entend dans tous les Cafés du commerce de France. Simplement je préfère soliloquer devant mon écran, parce que je ne supporte pas la fumée, ni trop les idées des autres, qui sont tous sectaires, lourds et partisans, quand moi j’ai l’esprit tolérant, vif, clair et citoyen. Et puis, comme j’ai déjà une inclination naturelle vers le Beaujolais ou le Côtes du Rhône, j’évite de trop fréquenter ces endroits-là.

Mais je ne dis pas que du mal, et sais aussi reconnaître ce qui est bien. Le footing de Nicolas Sarkozy le lendemain de sa prise de fonction, tiens, au premier abord j’ai trouvé ça plutôt sympa. C’est tout à fait positif d’avoir un président sportif. [1] Avec le premier ministre, ça sentait déjà méchamment le coup médiatique, dommage. Et puis, re-footing présidentiel dans le journal d’aujourd’hui, à Brégançon cette fois, j’espère que les journaux ne vont pas nous infliger toutes ses petites séances de bitume au président, avec chaque fois le nombre de flics, la description du short, T-shirt, baskets, et auréoles de sueur, parce qu’on va finir par se lasser.

Mais ça n’est pas du petit Nicolas (c’est pas péjoratif ou sarcastique, juste une référence au "Petit Nicolas" de Sempé/Goscinny) que je voulais vous parler aujourd’hui, mais de Corinne Lepage.

Corinne Lepage, vous ne la connaissez pas, personne ne la connait, et tout le monde s’en fout d’ailleurs. Elle a été candidate aux présidentielles en 2002, comme Arlette, Olivier et tous les autres avec le résultat qu’on sait, et ce n’est pas son score à elle qui est resté dans les annales.

Si je la connais un peu, c’est parce qu’un bon copain à nous, est un proche à elle, et donc je la suis par égard au copain. Cette année, Lepage ne s’est pas présentée, elle a rallié Bayrou. Notez qu’elle l’a fait sans trahir personne, étant chef de son propre parti, dont je ne connais pas d’ailleurs, d’autre membre que mon copain Michel. Donc elle en avait bien le droit, et de plus Bayrou, même si je n’ai pas voté pour lui, ne m’est pas antipathique.

Et voilà qu’ aujourd’hui, je découvre que Lepage vient de refuser un secrétariat d’état, proposé par Bernard Kouchner. Ça m’intrigue donc à double titre puisque je m’intéresse de loin à Lepage, et que je n’ai pas une franche admiration pour Kouchner (n’en ai jamais eu, et eût-il été ministre de Royal, que je n’en aurais pas eu davantage). Donc je creuse un peu, vais sur le blog de Lepage, où elle explique qu’elle a refusé ce poste parce qu’elle a « une certaine idée de l’éthique en politique et de la fidélité à [ses] convictions. »

En lisant ceci, j’ai compris, pourquoi Lepage, ne fera jamais une bonne carrière, ne sera jamais connue, et restera toujours une traine-savates de la politique, et une pote à mon pote. L’éthique, la fidélité, c’est pas des valeurs, ça. C’est pas moderne, pas vendeur, pas décomplexé, pas people pour deux sous, ça ne passe pas dans Match ni à TF1. Pour tout dire : c’est ringard.

Notes

[1Victor-Napoléon Poulteau, le voisin de ma grand-mère dans le marais Poitevin, était un peu l’idiot du village, mais avait comme vous et moi le droit de vote. Sa statégie électorale à lui, était de voter en fonction de la bonne mine des candidats, et de leur état de santé putatif. Un peu comme il achetait un lapin ou une poule sur le marché. Je me suis souvent dit qu’après tout c’était un critère comme un autre, et que nos choix à nous n’étaient pas forcément plus rationnels.