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Orgue virtuel sous Linux - 2 - Matériel

Pédalier

Restauration

Comme je l'ai dit il s'agit d'un pédalier récupéré sur un vieil orgue Dereux HS. En cherchant bien, ça se trouve... Pas de difficulté majeure : de la laine d'acier, du vernis, du feutre, de l'huile de coude, et voilà !

Pédalier rénové

Midification

Là ça se complique un peu. Tout d'abord, une carte MIDI : le modèle MIDI6, fabriquée par Roman Sowa, petit prix, très bonne finition, et Roman est un type adorable, très patient avec les clients qui ne comprennent rien comme moi.

Carte Midi 6

Ensuite, il s'agit de placer des contacts sur le pédalier. Là, trois possibilités :

  • les contacteurs mécaniques (mini switches) ;
  • les contacts électro-magnétiques (ills ou reeds) ;
  • les contacteurs opto-électroniques.

Après quelques lectures sur le net, j'ai choisi les reeds : deux petites lamelles dans une ampoule de verre, qui se collent quand on approche un aimant. La chance que je vous souhaite, c'est d'avoir un pote qui s'y connait en électronique (pour moi, mon inestimable beau-père) pour vous bricoler ça parce que c'est mieux si on peut les placer sur du circuit imprimé :

Reeds

Pour les positionner, il y a certainement plusieurs autres solutions. Ce qui est certain, c'est que la fermeture du contact ne se fait que dans une position relative très précise, de l'aimant et de l'ampoule. Donc, soit vous faites un truc fixe, mais en étant sûr du contact, soit vous laissez des pattes assez longues pour pouvoir ajuster ensuite le réglage.

Depuis j'ai découvert ce site qui présente une manière tout à fait astucieuse de placer les reeds.

Le pédalier est relié à la carte midi par une nappe 40 conducteurs (comme celles des disques durs), il faut donc jouer du fer à souder pour souder tous les fils issus des reeds sur le connecteur. La carte est reliée à la carte son (SoundBlaster Live!) par un cable MIDI standard.

Claviers

Pour l'instant j'ai différé la midification des claviers Dereux : beaucoup de soudure, nécessité d'une console en bois autour... En complément de mon Édirol PCR80 j'ai finalement acheté un clavier MIDI M-Audio Keystation 61ES. Celui-ci a un très bon rapport qualité-prix, toucher agréable, connectique simplifiée (USB). Il est détecté instantanément par Linux. et surtout l'absence de boutons sur le dessus donne la possibilité de poser l'Édirol dessus.

Les deux claviers se complètent très bien : le M-Audio est ferme comme clavier G.O. en classique et pour les basses en jazz, le PCR8O plus souple au-dessus est agréable pour le jazz et constitue un excellent controleur MIDI avec ses tirettes et boutons pour les presets. Il lui manque juste une seconde série de tirettes pour le clavier inférieur.

Claviers

À noter, qu'il existe des synthés grand public (Delson CK65, 100 euros) pas chers du tout, qui peuvent tout à fait convenir pour débuter, dès l'instant qu'ils ont une prise MIDI OUT.

PC

On vous dira que pour l'audio il faut un PC puissant, minimum Pentium 4 et 1Go de RAM. C'est vrai, surtout si vous envisagez d'utiliser simultanément plusieurs applications audio (orgue ou séquenceur + magnéto par exemple). Mais comme je n'ai pas les sous, je fais avec un PIII/400Mhz/384Mo de RAM. On trouve ce genre de machines dans les poubelles ou pour moins de 100 euros. Et ça marche ! Vous ne pourrez pas faire tourner Hauptwerk, mais il y a d'autres excellentes solutions logicielles beaucoup moins gourmandes.

Par contre je me suis fendu d'une carte son SoundBlaster Live! (15 euros en refurbished ou sur Ebay) pour la possibilité qu'ont les cartes Creative de charger des banques de sons (soundfonts) dans leur synthétiseur intégré. C'est bien pratique pour lire des fichiers MIDI sans passer par un synthé logiciel.

Si vous avez les moyens, il est évident qu'une machine puissante et une carte son spécialisée n'en seront que plus agréables. Et tant que vous y êtes, prenez aussi un écran tactile, tellement pratique pour changer les jeux sans la souris !

Amplification

L'amplification est très importante puisque c'est d'elle que dépend le son de l'orgue. Parmi les possibilités :

  • une chaîne hifi : solution simple et pas chère, mais n'attendez pas trop de basses ;
  • un système PC 5.1 ou home-cinéma avec caisson de basses ;
  • des enceintes de monitoring studio amplifiées ou non ;
  • une cabine Leslie si vous êtes fan de jazz. On trouve en occasion des alternatives intéressantes comme les cabines Elka ou Sharma nettement moins chères.
  • un ampli clavier comme le Peavey KB/A100 ou le Behringer KX1200 (on trouve aussi d'excellents Peavey KB60 ou KB 100 en occasion) ;
  • une table de mixage et une petite sono, on en trouve de pas très chères. Si vous êtes (vraiment) fortuné, les claviéristes US plébiscitent pour cet usage les enceintes amplifiées Mackie SRM450 ou JBL Eon 15.

Personnellement j'ai eu une cabine Sharma excellente mais très lourde et encombrante, je m'en suis séparé avant de me lancer vraiment dans ce projet d'orgue (sinon je l'aurais gardée). Actuellement j'utilise des enceintes de monitoring Samson Resolv50. C'est une excellente solution, beaucoup de puissance pour un prix raisonnable, mais qui manque un peu de basses.

Depuis un copain m'a offert une enceinte amplifiée, fabriquée à partir de l'ampli et des HP de son orgue Hammond A100 transformé en B3 portable. Comme le préampli d'origine est resté dans son orgue, je l'ai remplacé par un Behringer Mic100 Ultragain qui remplit fort bien son office.

Behringer Mic100

Les deux solutions sont complémentaires : l'ampli vintage apporte les basses, les Samson la brillance dans le medium-aigu.

À un tout autre niveau (de talent, de puissance, et de prix), c'est un peu une solution de ce type qu'utilise sur scène Emmanuel Bex : un ampli de basse Mesa Boogie, qui sort à la fois sur un caisson de basses et des enceintes sur pied pour les aigus (merci à Rémi Jeannin pour l'info).

Console

Pour la console, n'étant pas très bricoleur, j'ai commencé avec des étagères et des des consoles métalliques sur crémaillère, tout simplement. Depuis, j'ai fabriqué (càd : vissé 4 pieds dans un plan de travail) une table, elle-même vissée sur les consoles. L'ensemble est très stable tout en restant mobile si nécessaire. À l'avenir je compléterai peut-être par un panneau dissimulant le PC et les câbles, et peut-être intégrant l'ampli et les HP Hammond.

Ah, j'oubliais : bricoler aussi un banc.

Et voilà l'travail !

setup

D'accord, mon biniou est moins joli qu'un Monarke ou un B3... Dans un salon c'est pas terrible ! Chez moi il se trouve dans un cagibi initialement destiné au rangement et ça n'est pas très gênant. Et l'essentiel c'est quand même la musique, non ? De ce côté là, pas de problème, il assure !

Combien ça coûte ?

Si je totalise les prix de ce setup :

  • clavier Edirol PCR : 339
  • clavier M-Audio : 165
  • enceintes : 250
  • préampli et cables : 75
  • casque Senheiser : 20
  • PC et carte son : 100
  • reeds et aimants pour le pédalier : 100
  • carte MIDI : 70 (une carte plus simple à 25 euros aurait suffi)
  • bois, visserie, bricolage : 200 (ça monte très vite)
  • Total : 1319 euros

C'est peu ou beaucoup selon l'angle sous lequel on se place. Beaucoup par rapport au coût prévu à l'origine, et pour une accumulation de trucs en plastique sur une table en agglo. C'est peu, pour un orgue complet qui sonne vraiment bien et me convient parfaitement, aussi bien pour l'étude de l'orgue classique que pour le jazz. C'est le quart du prix d'un système de marque, qui ne fera que l'un ou l'autre. Par contre, on perd beaucoup en ergonomie (tirettes ou tirants pour les jeux).

Le grand avantage de ce système est surtout la possibilité de s'équiper progressivement. J'ai mis deux ans pour le monter, par petites touches et petites sommes, sans avoir à recourir au crédit. Au final, c'est aussi la satisfaction du bricoleur ayant réalisé soi-même son jouet.

Il est tout à fait possible de démarrer avec un seul clavier, un PC et un casque soit moins de 200 euros (photo). Pour ce prix vous pouvez déjà jouer tout le clavier bien tempéré !

Mais moi je veux une vraie console !

Pour le jazz

Voyez le prototype du Stage B de Claude Liegey. Il s'agit d'un contrôleur MIDI de deux claviers reprenant l'aspect et l'ergonomie du Hammond B3. Il est utilisable aussi en classique puisqu'il ne délivre que des signaux MIDI qui peuvent être effectés à ce que l'on veut. Il n'a pas de site internet pour le moment mais on peut en suivre l'évolution au Bistrot des roufonistes. Emmanuel Bex en a déjà commandé un, ainsi que Rémi Jeannin... c'est tout dire !

Pour le classique

Pas d'hésitation, tournez-vous vers une console Hoffrichter. Elles sont splendides, d'un prix très raisonnable, et les musiciens en ayant acquis en sont enchantés.

Le Stage B comme une console Hoffrichter vous coûteront aussi entre 1500 et 2000 euros. Avec l'ergonomie et la finition en plus, mais le pédalier et l'amplification en moins.

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